Suisse - Les habitudes de mobilité? Rien à voir avec les mentalités
Publié

Mobilité Les habitudes de mobilité? Rien à voir avec les mentalités

Davantage que les mentalités, l’offre et l’accessibilité dictent les choix de mobilité, affirme l’EPFL.

par
Maria Pineiro

«Si l’on déplaçait les Genevois à Berne, ils se comporteraient, à terme, de manière similaire aux Bernois.» Cette conclusion d’une étude du Laboratoire de sociologie urbaine de l’EPFL (LaSUR) de juin s’applique aux choix du mode de transport. «Les voyageurs privilégient des qualités (vitesse, confort, écologie, etc.) à l’attachement par réflexe à la voiture pour leurs déplacements. Ils sont donc particulièrement sensibles à la qualité de l’offre de transport », explique Éloi Bernier, doctorant.

L’étude a comparé les habitudes des actifs genevois et vaudois à celle des Bernois. Il s’agit d’offrir aux pouvoirs publics des clés pour réaliser un report modal des moyens de transport polluants vers ceux qui roulent plus vert. «Les Bernois ont une image positive de tous les modes de transport, détaille Éloi Bernier. Mais leurs habitudes sont façonnées par l’offre à disposition.» Vu sous cet angle, dans l’optique d’une accessibilité genevoise comparable à celle de Berne, le potentiel de transfert des transports individuels motorisés vers les transports en commun et la mobilité douce se révèle important.

«Nos données sont antérieures à l’inauguration du Léman Express et à la crise sanitaire», relève Éloi Bernier. Mais selon les hypothèses retenues, la circulation motorisée individuelle pourrait baisser jusqu’à 30% et l’utilisation des transports en commun et du vélo grimper chacun de 50%. Afin de favoriser le changement, les experts du LaSUR expliquent qu’il faut proposer des options ciblées pour chaque type d’usagers et travailler sur différents axes.

Plusieurs pistes cyclables installées temporairement durant la crise sanitaire ont été pérennisées à Genève.

Plusieurs pistes cyclables installées temporairement durant la crise sanitaire ont été pérennisées à Genève.

Laurent Guiraud/ Tamedia

A chaque usager sa recette

Dans sa recherche, le LaSUR a classé les usagers en huit types, de l’automobiliste exclusif (une toute petite minorité déjà disparue à Berne) à l’environnementaliste, en passant par le comparateur de confort. L’étude conclut par exemple que l’automobiliste prédisposé aux transports individuels ne troquera pas sa voiture contre un bus, mais serait enclin à le faire pour un vélo, de préférence électrique. Les comparateurs d’effica-cité seront, eux, sensibles, à une amélioration de la cadence des transports publics.

Ton opinion

62 commentaires