Crise financière: Les clients des banques suisses inquiets

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Crise financièreLes clients des banques suisses inquiets

Alors que la crise financière américaine touche l'Europe de plein fouet, l'inquiétude commence à gagner la Suisse.

Signe tangible: plusieurs banques cantonales ont enregistré de forts afflux de fonds. Les conseils aux épargnants se multiplient aussi.

«Il n'y a pour l'heure pas de panique aux guichets, mais certes davantage de demandes de renseignements», indique Christian Jacot- Descombes, porte-parole de la Banque cantonale vaudoise (BCV), interrogé par l'ATS.

En revanche, il confirme que la banque a enregistré une nette hausse de nouveaux clients ces derniers jours, au point d'ajouter cinq conseillers supplémentaires au siège à Lausanne pour répondre à la demande.

Cet afflux de fonds s'explique par la garantie d'Etat offerte par les banques cantonales et du fait que ces établissements, de par leur nature régionale, sont moins exposés aux risques de la crise actuelle.

20 à 30 milliards

Au premier semestre 2008, les banques cantonales ont enregistré de 20 à 30 milliards de francs provenant de transferts soit sous forme de comptes d'épargne, d'obligations ou autres, relève l'Union des banques cantonales suisses (UBCS) dans une estimation. Il y a une tendance claire de transferts venant des grandes banques, selon l'UBCS.

Mais pour Christian Jacot-Descombes, «il ne serait pas profitable pour la place financière suisse que le Credit Suisse ou l'UBS soient mis en danger de disparition». Il ne nie cependant pas que le conseil lancé par Comparis.ch de placer son argent dans des établissements cantonaux soit judicieux du point de vue des épargnants.

Le comparateur en ligne met d'ailleurs les propriétaires immobiliers en garde. Il souligne qu'en cas de faillite d'une banque en Suisse, la plupart des détenteurs d'hypothèques de cet établissement seraient lésés puisque que leurs dettes subsisteraient alors que leur avoir déposé dans la banque partirait en fumée.

Avocat commun à la FRC

La Fédération romande des consommateurs (FRC) a également pris les devants pour les clients lésés par la faillite de Lehman Brothers. Elle propose depuis lundi aux personnes qui estiment avoir été mal informés par leur banque de se défendre de manière collective.

L'idée de la FRC est de mandater un avocat qui représentera de manière individuelle chaque plaignant et qui répartira ses honoraires entre toutes les personnes qui entameront une procédure identique, explique Valérie Muster.

«Une vingtaine de personnes se sont déjà annoncées», note la responsable qui précise que la plateforme d'information est ouverte jusqu'au 16 octobre. «Au vu de l'évolution de la crise, il est possible que l'on dérive sur d'autres produits structurés recommandés par des banques suisses», précise Valérie Muster.

Enfin l'ombudsman des banques suisses, relai entre les banques et les consommateurs, est de son côté noyé sous les demandes. Sur son site internet (bankingombudsman.ch), il indique que sous l'afflux des requêtes, il ne répond temporairement plus à la presse mais réserve toute son énergie à la clientèle. (ats)

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