Zurich: Les cloches de ses vaches devront être ôtées à 22 h

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ZurichLes cloches de ses vaches devront être ôtées à 22 h

Le Tribunal administratif de Zurich a tranché: le repos nocturne prime sur les sonnailles des bovidés. Mais le paysan, visé par cette décision, ne semble pas vouloir se laisser faire.

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ofu/ats
photo: Kein Anbieter

La bisbille sur les cloches de vaches dans l'Oberland zurichois entre dans une nouvelle phase. La justice cantonale vient de confirmer la décision prononcée en première instance en août de l'an dernier. Les juges avaient alors rejeté le recours de l'agriculteur Manuel Zwischenbrugger contre la décision lui interdisant d'utiliser ses cloches le soir, une mesure que la commune lui avait imposée en 2014.

Dans sa récente décision, la Cour demande donc au paysan de bien retirer les sonnailles à ses animaux de 22h00 à 7h00. La mesure concerne toutes les vaches qui se situent dans un rayon de 200 mètres des habitations de ses voisins. La justice estime

que l'intérêt de ces derniers à pouvoir dormir tranquilles est supérieur à celui du paysan. «Vu la disposition des lieux, il est plutôt improbable que les vaches s'évadent. Et si cela devait être le cas, les animaux seraient rapidement retrouvés... même sans cloches», estiment les juges.

«Nous irons jusqu'au Tribunal fédéral»

Le conflit entre le paysan et ses voisins couve depuis près de cinq ans. Il a commencé lorsque le propriétaire, au retour de l'alpage, a laissé les cloches au cou de ses bêtes en les mettant au pré. L'intéressé a expliqué qu'il pouvait ainsi retrouver plus facilement ses vaches lorsqu'elles s'échappaient de l'enclos, par exemple après avoir été effrayées par un chien. Les voisins ont pour leur part demandé d'enlever les carillons, arguant que le bruit troublait leur sommeil.

Difficile de savoir si Manuel Zwischenbrugger se pliera désormais aux exigences qui lui son imposées. Interrogé l'an dernier par le journal «Zürcher Oberländer», l'avocat du paysan avait assuré que son client ne comptait pas se laisser faire: «Nous sommes prêts à aller jusqu'au Tribunal fédéral. Si mon client perd jusqu'au bout, on saura alors que le monde paysan ne compte plus beaucoup dans ce pays.»

Des cloches encore plus grandes

Si le quotidien alémanique n'est pas parvenu à joindre l'agriculteur ce mercredi, il écrit néanmoins que le paysan a mis plus de vaches au pré qu'au préalable. Et, précise le «Zürcher Oberländer», les cloches des animaux sont encore plus grandes que celles qui sèment la discorde entre lui et ses voisins depuis près de cinq ans.

Voici, pour celles et ceux qui comprennent l'allemand, un reportage réalisé l'an dernier par nos collègues de «20 Minuten». Manuel Zwischenbrugger y expose sa version des faits:

Un cas similaire en Suisse romande

En avril de cette année, Olivier Duperrut, président du législatif de Vufflens-la-Ville (VD), a vécu une situation identique à celle de l'agriculteur zurichois. Un couple de voisins s'était en effet plaint du bruit nocturne occasionné par les sonnailles des cinq génisses qui pâturent autour de sa maison. La syndique lui avait alors signifié que le règlement de police interdit de faire porter des clochettes au bétail entre 22h et 6h. Interrogé par «20 minutes», Olivier Duperrut avait déploré: «Ça fait 100 ans qu'on met nos vaches là et personne n'a jamais rien dit! «On ne va pas enlever ces cloches!»

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