04.11.2020 à 18:58

OmnisportsLes clubs un peu rassurés, mais pour combien de temps?

Le Conseil fédéral a précisé les conditions d’accès aux prêts pour aider le sport professionnel et semi-professionnel. Une aide à fonds perdu est évoquée pour la première fois.

von
Thibaud Oberli
La conseillère fédérale Viola Amherd avait plusieurs annonces importantes ce mercredi pour le sport suisse.

La conseillère fédérale Viola Amherd avait plusieurs annonces importantes ce mercredi pour le sport suisse.

KEYSTONE

Le Conseil fédéral à la rescousse du sport professionnel. Ce mercredi, la ministre de la Défense, de la protection de la population et des sports, Viola Amherd a annoncé les conditions d’accès aux 350 millions débloqués pour soutenir le sport professionnel et semi-professionnel en Suisse.

Une mesure qui aura le mérite de donner un sursis aux finances des différents clubs du pays. Ces prêts, alloués aux sports de première division, sont prévus sans intérêts et le remboursement devra être réalisé dans les dix ans suivants sa réception. Ces aides, plébiscitées au Parlement lors de la session d’automne, ont été incluses dans les budgets de début de saison. Mais entre-temps, la donne est complètement différente, puisque ces équipes sont contraintes d’évoluer à nouveau à huis clos.

Les pertes potentielles en lien avec les abonnements et les partenaires risquent de faire mal à des finances déjà en difficulté, tandis que l’incertitude planant sur la fin de la saison empêche toute projection à court et moyen terme. Autour de ce flou, les clubs s’accrochent à la porte ouverte par Viola Amherd, qui pour la première fois a évoqué un soutien à fonds perdu pour les clubs helvétiques. Le Département fédéral des sports présentera une note de discussion sur le sujet en décembre.

Cette porte ouverte est une respiration pour les clubs, même si l’avenir s’annonce particulièrement opaque:

Raphael Berger – Directeur du HC Fribourg-Gottéron

«La publication de cette ordonnance était importante pour que les clubs puissent accéder à l’argent annoncé par la Confédération. Ils ont été inclus dans les budgets mis en place avant la saison, avec l’inclusion du revenu liés aux deux tiers des spectateurs autorisés à ce moment-là. Dans ce cas de figure, malgré les mesures de réductions de salaires, nous mesurions déjà une large perte pour la saison à venir.

»Mais les conditions ont changé et nous devons évoluer à huis clos, et donc sans revenu, sans savoir combien de temps. De cela dépendront les montants qui seront nécessaires à notre survie. Les prêts tels qu’ils sont prévus actuellement ne suffiront pas pour nous. C’est un signal positif que les aides à fonds perdus soient étudiées. Jusqu’à maintenant, c’était un sujet tabou.»

Raphael Berger, directeur général du HC Fribourg-Gottéron.

Raphael Berger, directeur général du HC Fribourg-Gottéron.

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Vincent Steinmann – Directeur commercial et marketing au Lausanne-Sport

«Sans fonds perdus, le sport professionnel est à risque. Les prêts (ndlr: sans intérêt) sont bien sûr un premier pas. Mais sans un soutien à fonds perdus et au rythme où la situation évolue, ce sera très compliqué. Du point de vue du Lausanne-Sport, le football professionnel en Suisse ne s’en sortira pas sans ces mesures supplémentaires.»

Laurent Strawson - Président du Genève-Servette HC

«Ces prêts sont prévus sans intérêt, ce qui est évidemment une bonne chose. Reste que certaines incertitudes autour des conditions d’accès sont toujours présentes, mais cela devrait être réglé dans la semaine.

»Maintenant, l’enjeu pour nous est de connaître les conditions (ndlr: pour la suite de la saison) de manière plus précise. Nous sommes en train de faire et refaire les pires scénarios possibles, pour avoir une idée de comment boucler la saison. Si les matches à huis clos sont maintenus jusqu’à la fin de la saison, quelles en seront ses conséquences en termes d’abonnements et en termes de partenaires? Nous pourrions être amenés à devoir rembourser des abonnements ou des prestations et ainsi nous retrouver dans une position très compliquée au niveau de la trésorerie.

»Il est impossible maintenant de dire si les soutiens sans intérêts seront suffisants, ou si nous aurons besoin de fonds supplémentaires. Nous nous donnons jusqu’au 30 novembre pour envisager les pires scénarios et après cet exercice nous serons à même de voir ce qu’il manque dans les caisses, pour commencer à le chercher. L’incertitude autour de la saison prochaine est aussi difficile à prévoir. Mais faire ces efforts et n’avoir aucune certitude est difficile».

Laurent Strawson, Président du Genève-Servette HC.

Laurent Strawson, Président du Genève-Servette HC.

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50 commentaires
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Zorro

05.11.2020 à 11:52

La question qui doit se poser c’est à quoi le CF ! C’est facile maintenant de dire continuellement ce sont les cantons qui décident! Mr.Berset si vous et vos conseillers aviez écoutés les vrais professionnels, professeurs et autres qui demandaient déjà il y à plusieurs semaines de prendre des décisions drastiques du lieu de jouer de babiller pour ne rien dire ! Continuer à jouer au CF au jeu hâte-toi lentement!

Dubon sens

05.11.2020 à 07:56

Sportif professionnel où non, ce sont tous des lavettes ! Il faut leur construire des infrastructures à plusieurs millions et quand on lest voit exercer leur sport c'est à pleurer de honte ! Si vous avez besoin de faire du sport il y a les parcours de Vita dans les forêts ! utilisez-les !

Stasi

05.11.2020 à 06:18

Le sport professionnel ne sert strictement à rien . De plus il incite certains sportifs à se doper juste pour soigner leur petit ego défectueux . Et certains les regardent comme si ils servaient à quelque chose .