Berne: Les collaborateurs en home office se font rarement porter pâles

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BerneLes collaborateurs en home office se font rarement porter pâles

Les employeurs enregistrent moins d’absence chez les employés bossant à domicile. Ils se mettent devant leur ordi même s’ils ne sont pas en forme.

Même en étant patraque, un employé en télétravail se met volontiers devant son ordinateur.

Même en étant patraque, un employé en télétravail se met volontiers devant son ordinateur.

20Min/Michael Scherrer

Les salariés qui font du télétravail sont moins souvent absents. «La raison est qu’ils peuvent s’installer sans grand effort devant leur ordinateur chez eux, même s’ils ne se sentent pas très bien», constate Dominic Karrer de la Société suisse des employés de commerce. Même constat auprès de La Poste. «Dans la partie administrative, nous enregistrons moins d’absences pour maladie depuis la pandémie, en particulier pour les absences de courte durée», déclare Erich Goetschi, porte-parole de La Poste. Mais le géant jaune n’émet pas de suppositions quant aux raisons qui poussent les collaborateurs en home office à se faire moins souvent porter pâle. Même constat chez Swisscom

Sabrina Hubacher, porte-parole de Swisscom, attribue ce constat au fait qu’une grande partie des employés ont pu travailler durant une longue période depuis la maison. De plus, la réduction des trajets entre le domicile et l’entreprise a eu un effet positif sur l’absentéisme. Quant à savoir si ces collaborateurs travaillent même s’ils sont malades, faute d’analyses, la porte-parole ne se prononce pas.

Des côtés pervers

Économiste en chef chez EconomieSuisse, Rudolf Minsch indique que le home office est idéal en cas de toux ou d’indigestion. Mais cet engagement au travail a aussi des côtés négatifs. Laurenz Meier, psychologue du travail à l’Université de Genève, constate que les collaborateurs se mettent souvent la pression lorsqu’ils travaillent depuis chez eux. «Bien qu’ils soient malades, ils travaillent dans la crainte de donner l’impression d’être paresseux.» Et agir ainsi a également des conséquences. «Se stimuler avec des médicaments pour travailler quand même retarde le processus de récupération. La situation est similaire pour ceux qui viennent dans l’entreprise bien qu’ils soient malades. Ils génèrent des coûts supplémentaires parce qu’ils récupèrent moins bien et sont par conséquent plus souvent malades.»

De manière plus générale, Stefan Studer, d’Employés Suisse, constate que de nombreuses entreprises ont besoin d’une mise à jour en matière de gestion de la santé en entreprise. «Souvent, le home office n’est pas pris en compte.»

(bz/jbm)

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