Genève: Les collégiens pourront moins aisément redoubler
Actualisé

GenèveLes collégiens pourront moins aisément redoubler

A Genève, un quart des élèves qui commencent le gymnase n'obtiennent jamais de maturité. L'Etat va serrer la vis à la rentrée afin d'éviter ces parcours tortueux. Les syndicats grincent des dents.

«Chaque année, sur environ 4200 élèves qui sortent du Cycle, on compte au postobligatoire 2700 redoublements, c'est énorme!» Chargé du postobligatoire au sein du département genevois de l'Instruction publique (DIP), Sylvain Rudaz dépeint une situation tendue dans les colonnes du «Courrier». Au bout du lac, plus de la moitié des élèves du canton tentent leur chance au collège pour obtenir une maturité. Mais 25% d'entre eux échouent, malgré deux, voire trois redoublements permis par un système actuel très souple.

Pour Anne Emery-Torracinta, conseillère d'Etat à la tête du DIP, c'est une mauvaise orientation à la sortie du Cycle qui provoque cette situation. Et pour éviter ces «longs parcours douloureux qui mènent à l'échec et la rupture scolaire», la ministre a décidé de serrer la vis au niveau du collège en imposant plusieurs restrictions dès la prochaine rentrée et d'accélérer ainsi le processus de réorientation des élèves en «errance».

Ainsi, réussir son année sur dérogation ne sera possible plus qu'une seule fois et non plus deux. Un seul redoublement sera autorisé à la place de deux actuellement - sauf en année de maturité. Enfin, aujourd'hui, si un élève décide d'arrêter son année scolaire avant le 31 janvier, celle-ci ne lui est pas comptée comme un échec. L'an prochain, il faudra prendre sa décision avant le 30 septembre, cinq semaines après le début des cours. En parallèle, le DIP promouvra les filières d'apprentissage.

Pour les syndicats d'enseignants, les nouvelles dispositions ne sont pas satisfaisantes et participent à rendre l'«école toujours plus élitiste», dénonce Bilal Ramadan, de l'Union du corps enseignant secondaire. Selon lui, la souplesse du système actuel permet de s'adapter au rythme de certains élèves qui ont besoin de plus de temps pour réussir. Si réforme il doit y avoir, elle doit se faire au niveau du Cycle d'orientation.

(20 minutes)

Ton opinion