Actualisé 28.07.2014 à 17:22

Crash en Ukraine

Les combats se rapprochent de l'épave

L'Ukraine a annoncé lundi que ses troupes avaient gagné du terrain sur les rebelles prorusses dans l'est du pays et progressé en direction du site du crash du vol MH17.

Les combats empêchent les experts internationaux d'accéder au site, où gisent encore décombres et cadavres. «Les Ukrainiens ont pris possession d'une partie du territoire du crash», a reconnu devant la presse Vladimir Antioufeev, numéro deux du gouvernement séparatiste de la République autoproclamée de Donetsk. Un milicien pro-gouvernemental a déclaré avoir perdu 23 hommes dans les combats des dernières 24 heures.

A Donetsk, des responsables locaux ont signalé des tirs d'artillerie sur des immeubles, des maisons, des lignes électriques et un gazoduc. L'agglomération, forte d'un million d'habitants avant la crise, est quasiment devenue une ville fantôme.

A l'est de cette ville, les soldats de Kiev sont entrés à Chakhtarsk et à Torez, près du site où gît l'avion de la Malaysia Airlines, et ont repris la colline de Savour-Moguyla, non loin de là. Des combats se poursuivaient en outre autour du village de Snejnoïe, dans la même zone, selon un porte-parole militaire ukrainien.

Les enquêteurs font demi-tour

Ces violences continuent d'affecter le travail des enquêteurs et le rapatriement des corps et des affaires personnelles des victimes du crash du vol MH17, qui a coûté la vie à 298 personnes. Des policiers et des experts médicaux légaux, dont des enquêteurs australiens et néerlandais de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), ont à nouveau tenté lundi de se rendre sur le site du crash, au lendemain d'une tentative avortée pour des raisons de sécurité.

A bord d'une vingtaine de voitures escortées par les rebelles, l'équipe internationale a cependant fait demi-tour après avoir entendu des explosions aux abords de Chakhtarsk, à une dizaine de kilomètres du site.

Dépouilles à l'abandon

Plus de dix jours après l'accident du Boeing, le site du crash n'est ainsi toujours pas sécurisé par les enquêteurs. L'épave, laissée largement sans surveillance, a été en partie démantelée ou déplacée, ce que les rebelles ont justifié par la nécessité de retrouver les corps des victimes.

«Les chances ne sont pas très grandes» que toutes les dépouilles et tous les effets personnels retournent aux Pays-Bas, a admis lundi le chef de la police néerlandaise Gerard Bouman.

«Décompression explosive massive»

L'enquête continue malgré tout. Selon un responsable ukrainien, l'analyse des boîtes noires du Boeing montre qu'il a été détruit par les éclats de l'explosion d'un missile qui a provoqué une «décompression explosive massive».

Le laboratoire britannique chargé d'examiner les enregistreurs de vol n'a fait aucun commentaire. Il a transmis ses conclusions aux enquêteurs néerlandais qui supervisent les investigations, les deux tiers des victimes du crash étant originaires des Pays-Bas.

Navi Pillay, haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, a estimé lundi que la destruction du Boeing pourrait constituer un crime de guerre.

Sanctions durcies contre Moscou

Cette tragédie a incité les Etats-Unis à faire pression pour un durcissement des sanctions, déjà imposées par Washington et l'UE depuis l'annexion de la péninsule de Crimée en mars. Lundi, Paris, Londres, Washington, Berlin et Rome ont confirmé leur intention d'adopter de nouvelles mesures contre Moscou, ont annoncé les services de la présidence française.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rétorqué que son pays «dépasser(ait) toute difficulté qui pourrait survenir dans certains secteurs de l'économie».

(ats)

«Dissiper les soupçons»

Il a par ailleurs annoncé la venue d'observateurs de l'OSCE sur deux points de contrôle à la frontière russo-ukrainienne «dans les prochains jours» et demandé aux États-Unis de ne pas faire obstacle à cette mission.

«J'espère que cela va dissiper les soupçons, régulièrement exprimés, selon lesquels ces points de contrôle (...) sont utilisés pour faire passer massivement des armes et des combattants de Russie vers l'Ukraine», a ajouté Sergueï Lavrov.

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