Covid à Genève - Des commerces cibles d’une campagne de collage sauvage
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Covid à GenèveDes commerces cibles d’une campagne de collage sauvage

Un groupe a collé des autocollants durant le week-end sur la devanture de plusieurs commerces genevois. Ils interdisent l’entrée «aux chiens et aux non-vaccinés». Les réactions fusent.

par
Maria Pineiro
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Ces autocollants ont été apposés durant le week-end sur la devanture de nombreux magasins genevois.

Ces autocollants ont été apposés durant le week-end sur la devanture de nombreux magasins genevois.

mpo

Les heures sombres de l’histoire s’invitent à nouveau dans le débat sur les mesures anti-Covid, notamment sur la question de l’extension du certificat Covid. A Genève, ce week-end, des autocollants rouge vif ont fleuri sur les devantures des commerces des rues basses: Payot, Salt, Globus ou encore Hugo Boss. Ils indiquent que les établissements sont «Interdits aux chiens et aux non-vaccinés», une référence claire à la xénophobie qui a régné en Suisse vis-à-vis des immigrants transalpins durant de longues années. A l’époque, certains bars étaient «interdits aux chiens et aux Italiens». Lundi matin, avant l’ouverture des commerces, les autocollants, apposés à l’extérieur des commerces, étaient encore visibles.

Mystérieux groupe

A l’origine de ces affichettes, un mystérieux groupe qui se qualifie de «citoyens responsables et solidaires». Impossible d’en trouver une trace sur internet. Leur action, abondamment relayée sur les réseaux sociaux, a déclenché un débat nourri. «A gerber», «dictature» ou encore «boycott», écrivent des internautes convaincus qu’il s’agit de vraies interdictions. D’autres, se posent la question de savoir à qui profite le crime. S’agit-il d’anti-pass poussant la provocation un cran plus loin ou de pro-pass, comme semblent également le croire certains? Quoi qu’il en soit, ce nouvel épisode ne risque pas de calmer les esprits, bien au contraire.

Interpellé, le président de la Société des associations italiennes de Genève, Carmelo Vaccaro, «condamne totalement» l’utilisation de références «qui rappellent de mauvais souvenirs». Il estime qu’il s’agit là d’un «manque de respect absolu envers celles et ceux qui ont souffert de racisme. Cela va trop loin».

«Cela ne nous rend pas service»

«Il s’agit bien évidemment d’un faux, a réagi Anne Niederoest, directrice de la communication des libraires Payot. Cet acte est stupide, il divise et ne nous rend pas service.» Elle indique que Payot a reçu de nombreux coups de téléphone et de messages sur les réseaux sociaux de personnes ayant crû qu’il s’agissait de vraies interdictions. La librairie va porter plainte pénale. Chez Salt, on confirme avoir trouvé cet autocollant à l’ouverture et on indique l’avoir directement ôté de la vitrine. Idem à Coop Fusterie qui ajoute accueillir «tous les clients dans nos points de vente dans le respect des mesures de protection applicables. Coop se conforme systématiquement aux exigences des autorités, qui ne prévoient pas actuellement une obligation de présenter un certificat dans le commerce de détail, et nous continuons à appuyer sur nos concepts de protection efficaces et éprouvés».

Illégal de cibler les non-vaccinés

Interpellé au sujet de la licéité d’une interdiction d’entrée visant les personnes non-vaccinées, le Département de l’économie et de l’emploi indique que «des commerces ne vendant pas prioritairement des biens de premières nécessités et de consommation courante pourraient, en principe, restreindre leur accès à la clientèle au bénéfice d’un certificat COVID (personnes vaccinées, guéries ou testées négatives, ndlr). Cela est néanmoins très différent de l’initiative des « citoyens responsables » visant une interdiction d’accès aux personnes non-vaccinées. Une telle limitation d’accès aux personnes vaccinées est discriminatoire et ne fait clairement pas partie de la stratégie de la Confédération».

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