Actualisé 01.10.2012 à 19:25

Transport aérienLes compagnies aériennes se maintiennent

Les bénéfices des transporteurs aériens devraient atteindre 4,1 milliards de dollars en 2012, alors que le secteur s'attendait à une année difficile et avait prévu en juin un bénéfice inférieur.

L'Association internationale du transport aérien (IATA) a révisé lundi ses prévisions à la hausse. Les bénéfices des compagnies aériennes en 2012 devraient atteindre 4,1 milliards de dollars, contre trois milliards anticipés en juin.

Ce chiffre, meilleur que prévu, est néanmoins nettement inférieur aux 8,4 milliards de bénéfices engrangés l'an dernier par les compagnies aériennes à travers le monde. Il représente une marge faible de 0,6% par rapport à un chiffre d'affaires de la branche évalué à 636 milliards de dollars.

«C'est une bonne nouvelle. Les compagnies aériennes maintiennent la tête hors de l'eau mieux que nous le pensions dans un environnement très difficile», a déclaré le directeur général de l'IATA Tony Tyler.

Trafic passagers en hausse

«La marge bénéficiaire est minuscule, mais autrefois l'industrie aurait perdu de l'argent avec le fuel à 110 dollars le baril et une croissance mondiale de 2,1% seulement», a déclaré Tony Tyler. La demande des passagers est restée forte, malgré les incertitudes économiques, et les compagnies ont réduit leurs coûts, a expliqué le responsable de l'IATA, basée à Genève.

Le trafic passagers devrait augmenter de 5,3% sur toute l'année 2012. Les perspectives pour le fret sont moins bonnes. La hausse du trafic cargo d'une année sur l'autre ne dépassera pas 0,4%.

Pour 2013, l'IATA prévoit une légère amélioration: les bénéfices de la branche grimperont à 7,5 milliards de dollars avec des revenus globaux de 660 milliards (soit une marge améliorée de 1,1%). Le prix du fuel devrait tourner autour des 105 dollars le baril, avec une croissance économique mondiale de 2,5%.

En 2013, l'IATA évalue la hausse du trafic des passagers à 4,5%. L'augmentation du trafic marchandises devrait atteindre 2,4%. Ces prévisions supposent que la crise dans la zone euro reste sous contrôle, a précisé l'association qui regroupe 240 compagnies aériennes représentant 84% du trafic aérien mondial.

Pertes en Europe

La situation de la branche diffère selon les régions. Les perspectives des compagnies européennes sont les moins bonnes, a souligné l'IATA. Leurs pertes sont évaluées à 1,2 milliard de dollars pour 2012.

Elles souffrent non seulement de la crise en Europe, mais aussi de réglementations coûteuses, de taxes élevées, d'une capacité insuffisante à certains aéroports et d'un système de gestion du trafic aérien qui a besoin d'être modernisé, a affirmé Tony Tyler.

L'IATA prévoit que les compagnies asiatiques aient les meilleures performances, avec des profits évalués à 2,3 milliards de dollars. Malgré le ralentissement de la croissance chinoise, la demande interne continue d'augmenter de près de 10% en Chine.

L'Amérique du Nord (1,9 milliard de dollars de profits) et l'Amérique latine (400 millions) résistent mieux que prévu, alors que les compagnies du Moyen-Orient continuent d'accroître leur part de marché (700 millions de profits prévus en 2012). Les performances des compagnies africaines sont stables. (ats/afp)

American Airlines a plus que jamais du plomb dans l'aile

Deux vols désastreux risquent d'aggraver encore la réputation de la compagnie aérienne en faillite American Airlines, déjà plombée de retards et annulations en série depuis début septembre alors que ses relations avec ses employés se détériorent. Lundi, un vol Boston-Miami a dû faire un atterrissage d'urgence à Kennedy Airport à New York à cause d'une rangée de sièges qui lâchait.

«Les passagers de la zone affectée ont été déplacés vers d'autres sièges en cabine et l'avion a atterri en sécurité à JFK. Un deuxième appareil a été utilisé pour poursuivre jusqu'à Miami», a indiqué un porte-parole dans un courriel.

Ce week-end, dans une tribune publiée par le «New York Times», un passager décrivait un vol cauchemardesque de 30 heures entre Paris et New York, au cours duquel l'avion avait dû atterrir d'urgence en raison d'un altimètre défectueux, l'embarquement à bord d'un deuxième appareil n'avait pu être effectué, les portes ne s'ouvrant pas, et les passagers avaient été confrontés à des employés au mieux détachés, et au pire complètement incompétents.

«Toi, American Airlines, ne devrais plus faire de vols pour traverser l'Atlantique. Tu n'as pas le savoir-faire. Tu n'as pas l'équipement. Et tes employés ont clairement perdu tout intérêt dans tes opérations», concluait l'écrivain Gary Shteyngart dans ce témoignage. Aucun porte-parole d'American Airlines n'a répondu aux demandes de commentaires sur ce vol.

Ces incidents vont peser sur la réputation de la compagnie, en faillite depuis novembre 2011 pour se restructurer et faire passer en force des baisses de salaires de ses pilotes après l'échec de négociations. Ces dernières semaines, elle déplorait déjà une brusque envolée des retards et annulations, les attribuant à une grève du zèle de ses pilotes.

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