Actualisé 12.06.2019 à 20:54

Formation

Les concierges utiliseront les inventions des ados

Dans le cadre d'un travail multidisciplinaire, les élèves d'une école chaux-de-fonnière ont créé des produits nettoyants écolos, efficaces et bon marché.

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C'est notamment lors des cours de chimie que les produits ont été développés.

C'est notamment lors des cours de chimie que les produits ont été développés.

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L'efficacité des produits est une question de dosage.

L'efficacité des produits est une question de dosage.

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Les élèves ont travaillé sur les produits depuis l'automne dernier.

Les élèves ont travaillé sur les produits depuis l'automne dernier.

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«Au début, certains de mes collaborateurs étaient sceptiques. Il faut dire qu'ils utilisaient les mêmes produits industriels depuis près de vingt ans. Mais, au final, ils ont été bluffés. L'efficacité de nos nouveaux produits est redoutable», commente Thomas Mory, responsable de l'intendance à l'école du secteur tertiaire (ESTER), à la Chaux-de-Fonds (NE). Même lui, qui pourtant est l'instigateur de cette petite révolution, n'osait espérer un tel résultat. «Nous avions quelques taches ici et là que nous n'avions jamais pu enlever. Eh bien, grâce à notre nouvelle gamme, elles ont maintenant disparu», témoigne-t-il.

Si Thomas Mory est à ce point comblé, ce n'est pas uniquement parce que, dès la prochaine rentrée, son équipe et lui utiliseront des produits nettoyants naturels et respectueux de l'environnement. C'est surtout parce qu'ils ont été créés par les élèves de la classe 2MP4 Com (maturité professionnelle économie et service, type économie).

D'ailleurs, la vingtaine de jeunes gens, âgés de 15 à 18 ans, qui ont planché depuis l'automne dernier sur le sujet ont développé tout un concept. Ainsi, sept groupes de travail (communication, visuel, santé, écoles, intendance, chimie et finances) ont été constitués. En outre, tous les élèves de l'école sont actuellement appelés à voter pour leur senteur préférée. «L'idée est d'impliquer les ados au maximum», souligne le responsable.

Cinq étages et environ 1000 élèves

Ce projet a finalement accouché d'un nettoyant multi-surfaces, d'un spray pour vitres et robinetterie ainsi que de pastilles désinfectantes pour les toilettes. A l'origine de cette démarche, un simple constat: «J'ai lu les étiquettes de nos anciens produits et j'ai été effaré lorsque j'ai vu la quantité de pictogrammes indiquant qu'ils étaient nocifs pour à peu près tout ce qui est vivant», se souvient Thomas Mory. Et les quantités utilisées étaient astronomiques, l'école comprenant cinq étages et abritant un millier d'élèves.

La production de la nouvelle gamme sera en outre assurée à l'interne, probablement par Thomas Mory lui-même. «Il n'y a rien de bien sorcier ni de dangereux. Nos recettes comprennent essentiellement du bicarbonate ou encore du vinaigre», explique-t-il. Le département des finances est lui aussi très heureux de ce nouveau procédé. «Les anciens produits coûtaient bien plus cher. Nous en avions notamment un qu'on payait près de 60 francs le litre, alors que les nôtres ne valent que quelques centimes», indique le responsable. Selon l'étude budgétaire faite par les élèves du groupe finance, les nouveaux produits sont entre 73% et 94% moins chers que ceux utilisés jusqu'ici par l'intendance.

Partager les recettes

A l'avenir, Thomas Mory rêve que ces produits soient utilisés dans toutes les écoles du Centre interrégional de formation des montagnes neuchâteloises (CIFOM), dont l'ESTER fait partie. Puis, pourquoi pas, bien au-delà. «Grâce à nos professeurs de chimie notamment, nous réunissions toutes les compétences pour les inventer. Mais nous ne voulons pas leur donner de valeur commerciale. C'est avant tout pour l'environnement que nous les avons développés. Nous donnerons donc les recettes à quiconque nous les demandera», partage Thomas Mory.

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