Actualisé 15.12.2015 à 22:39

«Star Wars»Les conditions imposées à la presse dérangent

«Le Monde» a dénoncé mardi dans un billet les conditions «inacceptables» imposées aux journalistes par Disney pour assister à l'avant-première du film.

«Certes la maison Disney (...) nous a proposé de voir «Star Wars. Le Réveil de la Force», mardi 15 décembre, ce qui nous aurait permis de publier la critique dans notre édition de mercredi (datée jeudi)», écrit le service culture du «Monde» dans ce billet titré: «Pourquoi nous ne publions pas de critique du dernier «Star Wars» dans ces pages».

«Mais les conditions que la firme aux grandes oreilles a mises à la venue des journalistes à cette avant-première nous ont semblé inacceptables», ajoute le journal qui évoque une «débauche de précautions qui confine au grotesque».

L'article détaille le dispositif prévu par Disney: «obtention d'un «QRcode d'accès personnel» subordonné à la signature d'un formulaire d'accord contraignant, lieu et horaire tenus secrets et communiqués la veille sur téléphone mobile, présence annoncée d'agents de sécurité équipés de jumelles à vision nocturne, «embargo critique» jusqu'au mercredi 16 décembre, 9h01...»

Poursuites judiciaires

«Le Monde» critique également «la volonté affichée par le distributeur de contrôler le contenu des articles rédigés après la projection», pointant du doigt «le formulaire en ligne que doivent signer les journalistes désireux d'y assister». «Ce formulaire leur demande, en effet, de «ne pas révéler d'éléments-clés de l'intrigue du film», indique «Le Monde».

«De mémoire journalistique, aucune société de production n'avait ainsi prétendu se mêler du contenu des articles de presse et des conversations privées des journalistes avec leurs proches, en brandissant de surcroît des poursuites judiciaires», conclut «Le Monde».

Les journalistes du quotidien, qui iront à une séance publique mercredi, date de sortie du film en France, donnent rendez-vous aux lecteurs ce jour-là sur son site internet, ou jeudi dans les pages du quotidien, «pour parler de tout ce qui (leur) a semblé intéressant, ou pas, dans le film». (nxp/afp)

Et pendant ce temps en Suisse romande

pas de mystère sur le lieu et l'heure de la projection, pas de mesure exceptionnelle. Certes l'accès à la vision de presse, mardi 15 décembre, était réservé aux professionnels des médias, à raison d'un journaliste par titre. Certes, les journalistes ont dû déposer leurs téléphones et autres appareils électroniques au vestiaire, comme cela s'est fait pour bien d'autres visions de presse auparavant. Pour le reste, pas de fouille au corps, pas d'agents de sécurité patrouillant dans la salle, procédés vus précédemment pour d'autres projections de presse.

Quant au fameux formulaire à signer pour accéder à la vision de presse, il contient bien un embargo, à mercredi 09h01 pour les médias online, TV, Radio et les réseaux sociaux , assoupli à 0h01 pour la presse sur papier. Ce qui n'est pas une première non plus. Pour ce qui concerne les spoilers, plus qu'une consigne de Disney, il s'agissait d'une prière, celle, au nom du public, «d'éviter de dévoiler les intrigues essentielles ou la fin du film». Prière qui n'en est pas à sa première apparition non plus dans l'histoire des visions de presse.

Et que risquerait le journaliste qui enfreindrait la consigne en Suisse? D'abord les foudres des spectateurs, à qui l'on peut bien dire ce qui est réussi ou raté du moment qu'on ne lui gâche pas le plaisir de la découverte, payé comptant. Ensuite les foudres des studios qui, en Suisse, ne brandissent aucune menace judiciaire, mais pourraient exclure l'indélicat des futures visions de presse – du jamais vu à notre connaissance. De fait, en décidant de boycotter celle de «Star Wars» et d'attendre la sortie officielle du film pour le voir, «Le Monde» s'est de lui-même placé dans cette situation. -cma

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!