Allemagne - Les conducteurs de trains de la Deutsche Bahn vont faire grève
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AllemagneLes conducteurs de trains de la Deutsche Bahn vont faire grève

Le syndicat GDL appelle à une grève nationale des cheminots, après l’échec des négociations salariales sur la prochaine convention collective.

Le chef du syndicat, Claus Weselsky, rassemble les bulletins. La grève devrait être massive: la motion a été adoptée à 95% lors d’un vote réalisé auprès des 37’000 membres du syndicat.

Le chef du syndicat, Claus Weselsky, rassemble les bulletins. La grève devrait être massive: la motion a été adoptée à 95% lors d’un vote réalisé auprès des 37’000 membres du syndicat.

AFP

Les conducteurs de trains allemands ont appelé mardi à une grève nationale de plusieurs jours afin de peser dans les négociations salariales avec leur direction, alors que les vacances d’été battent leur plein et que des problèmes de livraison plombent déjà l’économie.

Le syndicat GDL des conducteurs de la Deutsche Bahn, l’exploitant ferroviaire public allemand, a annoncé une «première action» sur les trains de fret dès mardi, avant une action syndicale globale» de mercredi à vendredi. Les perturbations devraient être massives: la Deutsche Bahn ne pourra offrir que 25% de sa capacité dans les trains longue distance à partir de mercredi, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Pour s’adapter, l’entreprise va proposer des plans de circulation alternatifs, mettant en priorité les trains entre «Berlin et la région Rhin-Ruhr (Ouest)», et entre «Hambourg et Francfort». «La Deutsche Bahn ne peut garantir que tous les voyageurs arriveront à leur destination comme ils le souhaitent», a toutefois reconnu le groupe.

Échec des négociations salariales

À l’origine de la mobilisation: l’échec des négociations salariales sur la prochaine convention collective entre la direction et le syndicat, notamment en ce qui concerne les augmentations de salaires.

La Deutsche Bahn, détenue à 100% par l’État allemand, a proposé une hausse de 1,5% des salaires à partir de janvier 2022, puis 1,7% à partir de mars 2023. Une proposition jugée «beaucoup trop faible» par le syndicat, qui demande une augmentation de 1,4% dès 2021 ainsi qu’un bonus de 600 euros, puis 1,8% en 2022.

«Les cheminots en ont assez que les dirigeants s’emplissent les poches de millions et que les petits cheminots soient bernés», a affirmé Claus Weselsky, le président du syndicat GDL.

«Nous avons besoin de solidarité, surtout maintenant»

Cette annonce, qui était attendue depuis plusieurs jours, passe mal auprès de la direction de l’entreprise, qui peine à se relever de la pandémie de Covid-19. Cette grève est «une escalade inutile faite sur le dos des clients du rail», a estimé la Deutsche Bahn dans un communiqué mardi.

Le directeur des ressources humaines Martin Seiler a de son côté regretté que le mouvement social survienne «alors qu'[ils commencent] à peine à être de nouveau mobiles». Avec la saison estivale, le groupe connaissait une reprise d’activité après des mois de restrictions liées à la pandémie.

«Nous avons besoin de solidarité, surtout maintenant», a déclaré le ministre des Transports Andreas Scheuer, martelant que la crise sanitaire avait «fortement touché» l’entreprise. Deutsche Bahn a particulièrement souffert de la crise, faisant état d’une perte de 5,7 milliards d’euros en 2020, du jamais vu dans son histoire.

Nous avons intentionnellement choisi ce moment de la semaine pour limiter l’impact sur le trafic du week-end et des vacances.

Claus Weselsky, patron du syndicat

«Nous avons intentionnellement choisi ce moment de la semaine pour limiter l’impact sur le trafic du week-end et des vacances», a rétorqué mardi Claus Weselsky. Ce n’est «jamais le meilleur moment» pour une grève, a-t-il ajouté. La Deutsche Bahn a de son côté appelé le syndicat à «revenir à la table des négociations».

Le mouvement social devrait également toucher les trains de marchandises, une activité importante de la Deutsche Bahn, à travers sa filiale DB Cargo. Ces perturbations s’ajouteront aux problèmes de livraisons et de logistique déjà existants, qui plombent depuis plusieurs semaines l’industrie allemande, pilier du modèle économique du pays.

La pandémie de Covid-19 a en effet bouleversé les chaînes mondiales d’approvisionnement, conduisant à des goulots d’étranglement sur les marchés des composants électroniques, du bois, des plastiques et de l’acier, notamment. La production industrielle a déjà sensiblement chuté ces trois derniers mois en Allemagne à cause de ces pénuries.

Première grève depuis décembre 2018

Cette grève sera la première à toucher l’entreprise allemande depuis celle de décembre 2018, lors de laquelle l’activité avait été stoppée pour quatre heures.

Le dernier conflit social majeur s’était déroulé entre 2014 et 2015. Pendant environ neuf mois, le syndicat GDL avait organisé neuf grèves de plusieurs jours chacune, pour demander une réforme des règles de représentation. En mai 2015, une grève de six jours était ainsi devenue la plus longue de l’histoire de l’entreprise.

(AFP)

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