Transports publics - Les conducteurs privés de musique
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Transports publicsLes conducteurs privés de musique

Les conducteurs des Transports publics lausannois sont autorisés à écouter la radio en service, alors qu’à Genève cela reste complètement interdit. À Berne, la situation est plus cocasse: il existe une distinction entre les chauffeurs de bus et de tram.

Si les chauffeurs de bus bernois peuvent écouter la radio en service, les conducteurs de tram n’ont pas cette chance.

Si les chauffeurs de bus bernois peuvent écouter la radio en service, les conducteurs de tram n’ont pas cette chance.

Raphael Moser/Tamedia AG

À Berne, il est autorisé d’écouter la radio en conduisant lorsqu’on est chauffeur de bus mais pas de tram. Cette interdiction vaut autant pour la musique, les bulletins d’information ou un match de foot, relate la «Berner Zeitung». Pourtant, la conduite d’un tram n’est pas plus exigeante, explique Bernmobil, la compagnie des transports publics de la région.

«La loi sur la circulation routière sapplique aux bus et la loi sur les chemins de fer aux tramways», explique Tanja Flühmann, porte-parole de Bernmobil à nos confrères alémaniques. Ces derniers ne sont d’ailleurs pas entièrement satisfaits de cette réglementation inégale. D’autant plus que, selon eux, lautorisation de la radio dans les bus n’aurait jamais provoqué d’accident.

Il y a plus de dix ans, l’entreprise de transport de la ville de Berne avait demandé à l’Office fédéral des transports (OFT) s’il était possible d’équiper ses trams de radio. «Nous avions alors reçu une réponse négative», explique la porte-parole à la «Berner Zeitung». Pourtant, l’interdiction d’écouter de la musique en conduisant a été levée pour les trams dans les grandes villes en 2000, selon Michael Müller, porte-parole de lOFT. «La décision dautoriser ou non lécoute de la radio dans la cabine du conducteur de tram est du ressort des entreprises de transport municipales concernées», déclare-t-il à nos confrères alémaniques. La raison pour laquelle les conducteurs de tram continuent à subir cette inégalité n’est aujourd’hui expliquée ni par Bernmobil ni pas l’OFT.

Oreillettes à Lausanne, interdiction à Genève

Les Transports publics genevois (TPG) interdisent l’écoute de musique ou de la radio dans la cabine de conduite, que ce soit au volant d’un bus ou aux manettes d’un tram. «La conduite d’un véhicule de transport public dans un environnement urbain aussi dense et compliqué qu’à Genève demande une très grande concentration», explique la porte-parole, Isabel Pereira. Pour les chauffeurs de bus lausannois, en revanche, «l’écoute de la radio ou de musique est tolérée via oreillette, affirme la porte-parole, Elodie de Kalbermatten, mais uniquement côté gauche, pour autant que cela ne nuise en aucune manière à la sécurité et ne gêne pas l’interaction avec la clientèle». Du côté de CarPostal, les chauffeurs ont également cette liberté : «De manière générale nos conducteurs ont le droit d’écouter la radio durant la conduite. En effet, la radio est aussi un moyen d’information qui peut être important pour leur service (météo, info sur le trafic, etc.). La radio doit même être utilisée dans tous les cas si des communications concernant la sécurité sont attendues», relate Ben Küchler, porte-parole. Mais cela ne doit pas être fait n’importe comment. «Les chauffeurs doivent faire attention à régler le volume de la radio suffisamment bas pour qu’ils ne soient pas déconcentrés durant la conduite, qu’ils puissent sans difficulté entrer en communication avec des clients ou des tiers, et que les voyageurs ne soient en aucun cas importunés par le choix musical du conducteur», précise M. Küchler.

Depuis le 1er juin, et pour un projet pilote d’un an, les chauffeurs des trams bâlois peuvent quant à eux écouter de la musique dans leur cabine. Cette demande fait suite à une pétition qui avait recueilli 600 signatures.

(cde)

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