Berne: «Les conflits étrangers ne doivent pas être réglés ici»
Actualisé

Berne«Les conflits étrangers ne doivent pas être réglés ici»

Des affrontements entre des Turcs et des Kurdes ont eu lieu samedi dernier lors d'un rassemblement à Berne. Des politiciens demandent que des mesures soient prises.

par
20 Minuten/ofu
1 / 8
15.09 Plusieurs politiciens dénoncent les débordements entre Turcs et Kurdes qui ont fait 22 blessés, le week-end dernier à Berne.

15.09 Plusieurs politiciens dénoncent les débordements entre Turcs et Kurdes qui ont fait 22 blessés, le week-end dernier à Berne.

Keystone
Une manifestation a dégénéré samedi (12 septembre 2015) à Berne. Des manifestants ont pris pour cible le bâtiment de la police cantonale.

Une manifestation a dégénéré samedi (12 septembre 2015) à Berne. Des manifestants ont pris pour cible le bâtiment de la police cantonale.

Keystone/Peter Klaunzer
Des affrontements entre des Turcs et des Kurdes se sont produits samedi lors d'un rassemblement à Berne. Une voiture a foncé sur des manifestants.

Des affrontements entre des Turcs et des Kurdes se sont produits samedi lors d'un rassemblement à Berne. Une voiture a foncé sur des manifestants.

Lecteur reporter/Adrian Küpfer

Des scènes dramatiques se sont déroulées le week-end dernier dans la capitale fédérale. Une manifestation de Turcs et une contre-manifestation de Kurdes ont fait vingt-deux blessés, dont quatre agents, et un chien policier. Dans des vidéos (voir ci-dessous), on peut notamment voir une auto percutant un groupe de personnes sur la Schwellenmattstrasse. Les forces de l'ordre ont dû intervenir avec de gros moyens.

Le conseiller national Thomas Hurter (UDC/SH) est scandalisé: «C'est tout simplement catastrophique ce qui s'est passé samedi à Berne! C'est intolérable que des groupements étrangers règlent leurs conflits en Suisse. Ceux qui ne respectent pas nos lois doivent s'attendre à des répercussions.» Selon lui, les responsables des heurts doivent être traduits en justice et punis sévèrement.

«Les tensions sont énormes actuellement»

Même son de cloche auprès de la conseillère nationale Corina Eichenberger-Walther (PLR/AG). «Certaines personnes impliquées dans les débordements de ce week-end n'ont pas compris comment on règle les problèmes en Suisse», dénonce-t-elle. Selon l'élue, la structure démocratique de notre pays ne laisse aucune place pour ce type de comportement. Elle se demande si les manifestations futures organisées par des Kurdes ou des Turcs pourront avoir lieu dans un cadre suffisamment sécurisé.

Yvonne Gilli, conseillère nationale (Verts/SG) et présidente du groupe parlementaire «Pour les relations avec le peuple», pèse un peu plus ses mots. «Les tensions entre Kurdes et Turcs sont énormes actuellement. Il ne faut pas oublier que de nombreux Kurdes et Turcs en Suisse ont encore des membres de leur famille qui vivent dans des zones à conflits. Ce qui explique en partie pourquoi ces gens ne s'entendent pas ici.»

«Ce serait comme jeter de l'huile sur le feu»

Selon Yvonne Gilli, il faudrait mettre en place des acteurs politiques qui discutent avec les deux groupements: «Le Conseil fédéral doit s'adresser aux Turcs et aux Kurdes vivant en Suisse pour les inciter à faire la paix. Les deux groupes sont en sécurité chez nous. Ils n'ont donc pas de raison de s'affronter.» L'élue pense néanmoins qu'interdire le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), comme les Etats-Unis ou l'UE l'ont fait dernièrement, serait contreproductif en Suisse. «Ce serait comme jeter de l'huile sur le feu», estime-t-elle.

Dans son rapport 2015, le Service de renseignement de la Confédération (SRC) considère le PKK comme étant un groupement extrémiste et terroriste qui «mobilise ses membres de manière ciblée en Europe et en Turquie». Jusqu'à présent, précise le SRC, les activités du parti en Suisse se limitent à de la propagande et quelques manifestations. «Si la situation s'aggrave néanmoins dans les régions habitées par les Kurdes, on pourrait également s'attendre à des débordements en Suisse», avait ajouté le SRC dans son rapport.

Contacté par «20 Minuten», le SRC n'a pas voulu dire si son évaluation de la situation a changé au cours des derniers mois (voir encadré) et après les évènements du week-end passé.

Les violences s'intensifient

La semaine dernière, la Turquie a plongé encore un peu plus dans la violence. Après une série de frappes aériennes contre les bases rebelles dans le nord de l'Irak, une nouvelle attaque attribuée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a tué quatorze policiers dans l'est du pays mardi il y a une semaine.

De leur côté, les forces spéciales de l'armée turque sont entrées sur le sol irakien au nord du pays pour poursuivre des rebelles kurdes du PKK. Le président Recep Tayyip Erdogan avait promis peu après de ne pas «abandonner le pays aux terroristes».

Ton opinion