Libre circulation: Les conseillères fédérales contre le «non»
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Libre circulationLes conseillères fédérales contre le «non»

Eveline Widmer-Schlumpf, Doris Leuthard et Micheline Calmy-Rey ont toutes trois mis en garde samedi dans la presse contre un refus de la libre circulation le 8 février prochain.

Elles ont critiqué les arguments jugés émotionnels et irréalistes des opposants.

Interviewée dans «Le Temps», la ministre de la justice Eveline Widmer-Schlumpf n'a pas voulu parler de «catastrophe» en cas de non. «Il n'y a jamais qu'une seule voie à suivre, mais pour moi, la voie bilatérale est clairement la meilleure. Toute autre solution nous poserait d'immenses difficultés», a-t-elle averti.

Si la Grisonne s'engage dans la campagne pour la reconduction des accords bilatéraux et leur extension à la Roumanie et à la Bulgarie, c'est «parce que la libre circulation est une partie très importante de la politique migratoire». Il s'agit donc d'un dossier clé du Département fédéral de justice et police, ajoute sa cheffe.

Pour Mme Widmer-Schlumpf, la voie bilatérale est une «solution pragmatique», et en cette période économique difficile, «on créerait encore davantage d'insécurité» si on la mettait en danger. «Ne nous lançons pas dans l'inconnu!», suggère la ministre.

Jeu à haut risque

Même écho du côté de Doris Leuthard: s'il s'agissait d'un jeu stratégique, un non dans l'urne constituerait «un projet à haut risque», déclare la ministre de l'économie samedi dans la «NZZ». En cas de non, le Conseil fédéral ne pourra pas simplement ignorer la décision populaire: «Si c'est un non, c'est un non», a ajouté Mme Leuthard.

Pour Micheline Calmy-Rey, l'exigence des opposants de séparer reconduction et extension des accords est irréaliste. «Nous ne pouvons pas choisir si notre partenaire est constitué de 25 ou 27 Etats membres», explique-t-elle dans la «Südostschweiz». La conséquence serait que «nous devrions voter sur l'extension jusqu'à ce qu'un oui en résulte finalement», selon elle.

Mots d'ordre du PCS et de l'UDF

Deux partis ont également pris position samedi sur la libre circulation. Le Parti chrétien-social (PCS) suisse s'est prononcé à l'unanimité pour le oui à Lucerne. Sans surprise, l'Union démocratique fédérale (UDF), réuni à Wettingen (AG), recommande en le non par 62 voix contre 9.

La décision du PCS se veut un signal fort. Le parti entend affirmer que la Suisse est et reste un partenaire fiable pour l'Europe. De son côté, l'UDF s'oppose, par son non, à l'abandon total d'une politique d'immigration autonome de la Suisse.

(ats)

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