Actualisé 18.05.2019 à 16:05

AustralieLes conservateurs conservent le pouvoir

Les Australiens ont commencé samedi à voter pour élire leurs représentants. Contre toute attente la coalition conservatrice est en bonne position.

Des électeurs font la queue dans un bureau de vote de Melbourne. (17 mai 2019)

Des électeurs font la queue dans un bureau de vote de Melbourne. (17 mai 2019)

Keystone

Les Australiens se sont rendus aux urnes samedi pour des élections législatives marquées par le clivage sur le climat, ce qui pourrait profiter à l'opposition travailliste, donnée légèrement favorite. Quelque 17 millions d'électeurs étaient appelés pour ce scrutin.

Les deux principaux candidats pour former le gouvernement sont le premier ministre sortant, le libéral-conservateur et climato-sceptique Scott Morrison, et le travailliste Bill Shorten, sensible à la thématique environnementale.

Les conservateurs en position de rester au pouvoir

La coalition conservatrice au pouvoir en Australie semblait samedi contre toute attente en position de conserver le pouvoir à l'issue des élections législatives, ont annoncé les médias australiens après les premiers dépouillements.

La coalition menée par le premier ministre sortant, le libéral-conservateur et climato-sceptique Scott Morrison, est notamment donnée gagnante par la télévision publique ABC, qui n'était pas en mesure de dire s'il serait en position de diriger un gouvernement majoritaire ou minoritaire.

Défaite des Travaillistes

Le chef de l'opposition travailliste Bill Shorten, donné favori aux élections législatives en Australie, a reconnu samedi sa défaite et annoncé qu'il démissionnerait de son poste de chef du parti.

«Il est clair que le Parti travailliste ne sera pas en mesure de former le prochain gouvernement», a déclaré à Melbourne le candidat battu à ses partisans incrédules. «Dans l'intérêt national, j'ai appelé il y a peu de temps (le Premier ministre libéral-conservateur) Scott Morrison pour le féliciter», a-t-il ajouté.

Selon un sondage de l'institut Nine-Galaxy, les travaillistes l'auraient emporté avec 52% contre 48% pour la coalition au pouvoir. Le sondage avait été réalisé 18 heures heure locale. Le vote se poursuivait encore jusque vers midi dans l'ouest du pays.

Bill Shorten était donné favori pour devenir le sixième premier ministre en une décennie, même si les derniers sondages d'avant scrutin laissaient entendre que l'avance de cet ancien syndicaliste s'était réduite. «Si le peuple australien votait pour arrêter le chaos et pour une action contre le changement climatique, nous serions prêts à nous mettre au travail dès demain», a dit M. Shorten samedi matin en votant à Melbourne.

Le réchauffement climatique a largement pesé dans la campagne, après un été austral marqué par des inondations historiques et des canicules record qui ont alimenté des feux de forêts dévastateurs.

«I'm a climate voter»

Tôt samedi matin dans une banlieue de Sydney, des électeurs se rendaient dans un club de surf transformé en bureau de vote pour accomplir leur devoir, dans un pays où le vote est obligatoire.

Des militants portaient des t-shirts orange où était inscrit «I'm a climate voter» («Je suis un électeur du climat») et distribuaient des tracts. «Je m'inquiète du climat et du fait que l'Australie n'en fait pas assez», a dit la militante Catherine Willis.

Si M. Shorten a toutes ses chances, c'est aussi parce que l'électorat traditionnellement à droite pourrait se détacher de la formation qui le représente, le Parti libéral de Scott Morrison. Dans les campagnes, les fermiers frappés par la sécheresse réclament des mesures, et dans les banlieues aisées, les électeurs de centre-droit s'ouvrent à l'écologie et pourraient donc se tourner vers le centre-gauche.

Le Parti travailliste a affiché des ambitions dans l'énergie renouvelable, tandis que les Libéraux refusent de mettre en péril l'économie du charbon. Ceux-ci ont du coup mis l'accent sur le coût financier du programme de l'opposition, qui promet une hausse des dépenses publiques dans de nombreux domaines, notamment le traitement des cancers.

Morrison isolé

Scott Morrison, qui avait pris le pouvoir en août après un «putsch» interne à son parti, s'est trouvé presque seul à défendre son bilan. Plusieurs de ses ministres ont refusé de s'impliquer quand d'autres ont été maintenus à distance pour ne pas desservir la cause.

La campagne aura été violente, avec des candidats agressés et d'autres qui ont jeté l'éponge après des débordements racistes ou sexistes sur les réseaux sociaux. Vendredi, un homme de 62 ans a été arrêté et accusé d'avoir enfoncé un tire-bouchon dans le ventre d'une personne portant des banderoles électorales.

Alors que le clivage centre-droit/centre-gauche a toujours rythmé le jeu politique australien, des outsiders ont émergé, dont des populistes et des candidats d'extrême droite. Comme Clive Palmer, un millionnaire qui n'est pas sans rappeler Donald Trump avec son slogan «Make Australia Great» et qui pourrait bien entrer au Sénat après avoir dépensé sans compter et saturé l'espace médiatique. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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