Sécurité: Les consommateurs exigent la transparence
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SécuritéLes consommateurs exigent la transparence

Le journal des consommateurs alémaniques se bat pour la publication de résultats d'un test de table à langer dangereuses, censuré par le Bureau de prévention des accidents.

par
Pauline Rumpf
Des tables à langer instables ou mal indiquées sont au coeur de la polémique.

Des tables à langer instables ou mal indiquées sont au coeur de la polémique.

Keystone

Lors de tests de produits, des manquements sont parfois découverts. Si la loi prescrit alors des mesures appropriées, le secret est de mise pour les infos jugées non essentielles. Mais quand il s'agit de sécurité, existe-t-il des problèmes anodins? La question embarrasse.

Après une affaire de maquillage cancérigène en avril, c'est au tour des tables à langer de faire des remous. Le Bureau de prévention des accidents (BPA) en a testé une série en 2015, et conclu que plusieurs d'entre elles présentaient des lacunes. Il a alors demandé une interdiction de vente et une information adéquate pour trois meubles jugés dangereux car instables si pas fixés au mur. Des avis ont été publiés, et les clients informés. Le reste des résultats, jugés moins graves, n'ont jamais été publiés car le BPA s'estime tenu au silence par la loi et dit être intervenu auprès des fabricants.

Malgré sa demande, le journal des consommateurs alémaniques «K-tipp» n'a eu accès qu'à une version censurée de l'étude. «La plupart des manquements étaient d'ordre formels ou peu graves», précise Nicolas Kessler, porte-parole du BPA.

Faux, estime la journaliste de «K-Tipp», qui mentionne des étiquettes incorrectes au sujet du poids limite de l'enfant posé sur la table à langer. «Ce n'est pas juste un problème formel, il faut le rendre public», assène-t-elle. Elle est même soutenue par le préposé fédéral à la transparence.

Le journal déposera donc plainte. Attaqué, le BPA salue la démarche, qui devrait clarifier la situation sur le plan juridique.

Créer un précédent

«La position du BPA est scandaleuse, estime Sébastien Fanti, préposé valaisan à la protection des données. Il engage sa responsabilité sur la sécurité des enfants. Selon moi, le tribunal lui donnera tort, et cet arbitrage fera jurisprudence. J'encourage donc la journaliste à aller jusqu'au bout, car cela facilitera à l'avenir l'accès à ce type d'informations d'intérêt général.»

La Fédération romande des consommateurs se dit souvent confrontée à ce secret, et ne peut publier que les résultats d'analyses qu'elle a elle-même mandatées et financées.

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