Jeux vidéo: Les Conventions de Genève dans les jeux de guerre?
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Jeux vidéoLes Conventions de Genève dans les jeux de guerre?

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé la branche à respecter les règles régissant les conflits armés dans leurs titres. Ce qui fait sourire les éditeurs suisses.

par
adi

«Les jeux vidéo qui représentent des champs de bataille sont devenus très proches de la réalité et il devient très difficile de faire la différence entre de vraies images et celles tirées de jeux vidéo. Nous pensons que s'ils deviennent aussi proches de la réalité, il faudrait aussi y inclure les règles régissant les conflits armés», a expliqué fin septembre François Sénéchaud, membre du CICR, dans une vidéo postée sur leur site. Habilement et sans fustiger de front le genre, le CICR «veut ainsi améliorer la connaissance des règles de la guerre aux gamers».

Cette proposition semble hors de propos pour Nicolas Akladios, porte-parole de la SIEA, l'organisation faîtière des jeux vidéo en Suisse: «A part de rares exceptions, les jeux de guerre ne dérogent pas aux conventions de Genève. Et si c'est le cas, c'est toujours dans le cadre de scénarios réfléchis. Les éditeurs se calquent sur ce qui marche au cinéma. Que le CICR commence par Hollywood.»

Il faut savoir que chaque heure, des millions de joueurs s'étripent virtuellement dans des échauffourées où tout ou presque est permis, sans se soucier de savoir si leurs frags sont légaux ou pas. D'autres jeux proposent dans leur scénario des actes de tortures, voire des massacres de civils. «Nous nous adressons aux joueurs en dehors du monde militaire, mais aussi aux futurs combattants, aux législateurs, et aussi aux personnes qui se trouvent sur les champs de bataille contemporains», a surenchéri François Sénéchaud, qui craint que certains soldats ou futurs soldats prennent de mauvaises habitudes. Un argument qui ne tient pas selon la SIEA: «De toute manière, ces jeux de guerre influencent que des personnes fragiles et ces dernières sont rapidement évincées des critères de sélection de l'armée. Les autres joueurs sont assez responsables pour faire la différence entre un jeu vidéo et la réalité.»

Les bons et les mauvais combattants

C'est pour cette raison que l'organisation internationale travaille déjà avec des éditeurs pour que les Conventions de Genève soient respectées. Mais le CICR assure qu'il n'a pas «l'intention de gâcher le plaisir des joueurs en interrompant le jeu par exemple par des spots qui énuméreraient des règles de droit ou présenteraient un cours sur le droit de la guerre». Sa méthode consisterait plutôt à «récompenser les joueurs s'ils respectent le droit des conflits armés, et à les sanctionner virtuellement en cas de crime de guerre». Pour l'instant, seul le studio Bohemia Interactive, auteur de la franchise de simulations militaires «Arma», a introduit un système empêchant les joueurs de tirer sur tout ce qui bouge, sous peine d'être punis par leurs propres alliés.

Cette pique à peine déguisée contre les jeux de guerre surfent évidemment sur la rumeur qui veut que la violence des jeux vidéo soit directement liée à celle relatée tous les jours dans les journaux. Pourtant, «aucune étude scientifique n'a pu établir la véracité de cette théorie», confirme Nicolas Akladios. D'un autre côté, cela tombe sous le sens que des tueurs comme Anders Behring Breivik, l'auteur des attentats du 22 juillet 2011 en Norvège qui ont fait 77 morts, soient davantage attirés par des jeux comme «Call of Duty» que par «Charlotte aux Fraises: Les Jeux de Fraisi-Paradis».

Des réactions sur le Web

«(…) Si le propos est que le héros est une ordure qui foule au pied les conventions internationales, je pense que ni la croix-rouge ni personne ne peut exiger d'un auteur qu'il en soit autrement. Le joueur, en revanche, peut ne pas être intéressé par le développement d'une telle histoire, mais c'est alors sa responsabilité d'arrêter de jouer, comme on arrête de regarder un film ou comme on referme un livre.» Florent

«(...) Actif, le joueur doit être davantage sensibilisé que le spectateur d'un film ou le lecteur d'un livre. Si cette sensibilisation est effectuée intelligemment (système de scoring par exemple), je pense que c'est une très bonne chose. Bref, enfin un organisme d'envergure qui ne prend pas le jeu vidéo pour un art mineur.» Sébastien

«Dites c'est pour rire ?? Non, parce que intégrer ce genre de chose dans les jeux n'aura qu'un effet, les rendre moins proches de la réalité(…), parce qu'il faudrait dire à la Croix Rouge que la réalité n'en a que faire de la Convention de Genève, c'est juste un de ces prétextes, comme les crimes de guerre contre l'humanité, que des Nations dites civilisées utilisent pour condamner des régimes, personnes, qui ne dansent pas selon les règles des plus forts... Au fait un tapis de bombes, c'est mieux que napalmiser, que d'utiliser des armes chimiques !? Torturer des Gens à Abou-Ghraib c'est dans un film, dans un jeu ou c'est la réalité !?» Charles

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