Genève: Les copropriétaires vivent l'enfer avec leur chauffage
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GenèveLes copropriétaires vivent l'enfer avec leur chauffage

En lieu et place d'un système écolo, des copropriétaires doivent supporter une chaudière mobile à mazout.

par
Maria Pineiro
La chaudière mobile se trouve dans le jardin depuis de longues semaines. (Photo: mpo)

La chaudière mobile se trouve dans le jardin depuis de longues semaines. (Photo: mpo)

Ils devaient habiter dans des appartements chauffés par une sonde géothermique, du solaire thermique et du gaz. Aujourd'hui, ils doivent faire avec une chaudière à mazout mobile installée dans leur jardin depuis plusieurs mois. Pour le bilan carbone, on repassera. Pour l'esthétique également. Les copropriétaires de PPE de quatre immeubles situés à Lancy connaissent d'importants problèmes de chauffage depuis qu'ils ont emménagé dans leurs appartements entre 2017 et 2018 (lire encadré). Dans divers forums sur internet, ils racontent: «Nous nous chauffions avec des chauffages d'appoint», «Voici le premier hiver qui arrive, et pas de chauffage».

Coupures les fins de semaine

Les soucis sont confirmés par la Régie du Rhône, qui gère les immeubles pour le compte de la copropriété. «Nous avons été mandatés après la livraison des appartements et n'avons pu que constater les défaillances de l'installation», confirme Caroline Pinatel, directrice.

La chaufferie mobile a été installée par Capelli Immobilier, le promoteur du projet. «Il y a régulièrement des coupures de chauffage et d'eau chaude», témoigne une dame croisée avec son enfant sur la place de jeux. «Cela fonctionne bien pour deux des quatre bâtiments. Les fins de semaine, par contre, il y a des coupures. Les responsables interviennent pour apporter alors les réglages nécessaires. Mais il est évident que la situation n'est pas satisfaisante pour les occupants, car la chaufferie mobile n'est qu'une mesure temporaire de sorte qu'il s'agit de régler le fond du problème en réparant ou remplaçant l'installation de chauffage pour une solution pérenne», précise la gérante.

Des tests et un audit

Sur le papier, le chauffage devait être assuré par une sonde géothermique, du solaire thermique et du gaz. «Il y a manifestement un problème avec les sondes géothermiques, les copropriétaires subissant depuis plusieurs hivers des problèmes récurrents de chauffage qui ne peuvent être tolérés, souligne Sidonie Morvan, l'avocate de la trentaine de copropriétaires composant ces trois PPE . On ignore qui de l'entreprise générale Capelli ou de ses sous-traitants est responsable de ces défauts de l'ouvrage. Juridiquement, il appartient en tous les cas à Capelli SA de faire le nécessaire. Un audit a été commandé afin de comprendre l'origine des dysfonctionnements et de pouvoir tenter de les résoudre. Restera la question des coûts de ces interventions qui devront être supportés par les entreprises impliquées.»

L'avocate des habitants confirme des discussions avec l'entreprise générale, Capelli. «Le processus de résolution des différents défauts s'avère très, voire trop lent, raison pour laquelle une procédure pourrait être engagée si des solutions rapides et efficaces ne sont pas apportées. Capelli SA en a les moyens si elle le souhaite», signale Sidonie Morvan. Le promoteur reconnaît les dysfonctionnements. Il confirme que des tests et un audit sont actuellement menés selon un protocole strict. «Nous regrettons évidemment cette situation et l'inconfort qu'elle a pu générer pour les habitants», s'excuse Capelli, assurant qu'une fois le problème identifié, il sera réglé «dans la foulée».

Problèmes en cascade

Sur les réseaux sociaux, les acheteurs de la promotion de Lancy témoignent de leurs mésaventures. Suivi de chantier catastrophique, retards de livraison des appartements, emménagement dans des logements inachevés, puis problèmes de ventilation, de certification Minergie et de chauffage. "Il y a un litige avec l'entreprise générale Capelli qui tarde à remédier aux nombreux défauts de l'ouvrage affectant les parties communes de ces immeubles", souligne Sidonie Morvan. Les copropriétaires se sont également retrouvés pris en otage entre l'entreprise générale et des fournisseurs pour des factures impayées avait révélé la "Tribune de Genève". Une quarantaine de procédures a pu être réglée depuis.

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