Journalistes tués au Mali: Les corps des victimes rapatriés en France
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Journalistes tués au MaliLes corps des victimes rapatriés en France

Les corps des deux journalistes français tués dans le nord-est du Mali ont été rapatriés mardi à l'aube à Paris, au moment où la traque de ceux qui les ont enlevés puis froidement abattus se poursuit.

Le vol Air France AF3873 en provenance de Bamako a atterri à 07H00 (06H00 GMT) à l'aéroport parisien de Roissy, a rapporté un photographe de l'AFP présent à bord de l'avion. Tard lundi soir, il avait quitté la capitale malienne avec à son bord les cercueils de Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, les envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) tués samedi par des hommes armés non identifiés à Kidal, où ils étaient en reportage.

Une vingtaine de proches et autant de salariés de RFI sont arrivés une heure plus tôt au pavillon de réception de l'aéroport. Le président François Hollande est aussi arrivé pour accueillir les dépouilles des journalistes afin, selon l'Elysée, d'«être aux côtés des familles et les accompagner dans leur douleur».

Il y a moins d'une semaine, mercredi dernier, le président français était sur le tarmac d'un autre aéroport proche de Paris, à Villacoublay, pour le retour en France des quatre otages du Sahel libérés après plus de trois ans de captivité aux mains d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Une délégation de RFI, conduite par Marie-Christine Saragosse, présidente de France Médias Monde, l'entité qui chapeaute la «radio du monde», voyageait dans l'avion qui a rapatrié les corps de ces deux connaisseurs passionnés et chevronnés du continent africain.

Hommage aux journalistes

Sous le choc trois jours après l'enlèvement et la mort des deux envoyés spéciaux, condamnés de toutes parts, leurs collègues de RFI se retrouveront à la mi-journée pour un moment de recueillement dans les locaux de la station. Un hommage public est prévu mercredi. Les corps de Ghislaine Dupont et Claude Verlon avaient été ramenés dimanche à Bamako en avion de l'armée française depuis le nord du pays sahélien. Le Mali leur a rendu hommage lundi, en promettant de «tout faire» pour retrouver les assassins.

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, en larmes, a dit «l'émotion» et le «choc» de ses concitoyens dans un pays où, comme souvent en Afrique francophone, RFI est un média de référence. Puis, s'inclinant devant les cercueils militaires en métal, il a fait état d'avancées de l'enquête.

«Je suis en contact avec le président Hollande, nous ferons tout pour que l'enquête aboutisse et qu'on arrête les coupables», a-t-il assuré. Un engagement qui fait écho à celui du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius: «On va tout faire pour retrouver les assassins, les punir, les châtier».

Les circonstances et les auteurs du rapt et du meurtre des journalistes à Kidal, berceau des Touareg et de leur rébellion à 1500 km au nord-est de Bamako, restent toutefois à élucider.

Ghislaine Dupont, enquêtrice opiniâtre spécialiste de l'Afrique depuis plus de 25 ans, et Claude Verlon, technicien habitué des terrains difficiles, sortaient samedi en plein jour du domicile d'un représentant local de la rébellion touareg, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qu'ils venaient d'interviewer, lorsqu'ils ont été enlevés, selon divers témoignages, par des agresseurs parlant la langue des Touareg.

Tués par balles

Leurs cadavres ont été retrouvés moins de deux heures après par une patrouille française partie à leur recherche, à une douzaine de kilomètres de Kidal. Ils avaient été tués l'un de deux balles, l'autre de trois, avait précisé dimanche Laurent Fabius. «On n'a pas de certitude sur qui a commis cet assassinat», a-t-il reconnu le lendemain. Le ministre a évoqué des opérations en cours depuis dimanche pour retrouver les tueurs.

Une source à la gendarmerie de Gao, la grande ville du nord du Mali, a affirmé lundi qu'une «dizaine de suspects» avaient été interpellés «dans la région de Kidal» depuis les meurtres. Une information non confirmée par Paris, qui a toutefois fait état «d'indications permettant de remonter la trace» des assassins.

Mais plusieurs responsables maliens se sont relayés pour décrire une situation qui, à Kidal, «échappe» à tout contrôle selon les termes du président Keïta. Le ministre de la Défense Soumeylou Boubèye Maïga a reconnu que «toutes les infiltrations» étaient «possibles», dont celles d'islamistes armés radicaux liés à Al-Qaïda, qui avaient occupé tout le nord du Mali pendant plusieurs mois avant de fuir l'intervention de l'armée française en janvier 2013.

(ats)

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