Actualisé 02.03.2013 à 09:49

Etats-UnisLes coupes budgétaires entrent en vigueur

Le président Barack Obama a signé vendredi le décret mettant en vigueur les coupes automatiques dans le budget de l'Etat fédéral américain. Les dépenses publiques seront amputées de 85 milliards de dollars.

Cette mesure a été adoptée en 2011 pour pousser le Congrès à trouver un compromis sur la réduction du déficit budgétaire. Mais démocrates et républicains ne sont pas parvenus à s'entendre, ce que la Maison blanche a jugé «profondément destructeur» pour l'économie et la sécurité nationales.

«Tout le monde ne souffrira pas immédiatement des ces coupes. La douleur sera toutefois réelle. A compter de cette semaine, de nombreuses familles de la classe moyenne verront leur vie perturbée de façon importante», a averti le président, s'adressant à la presse après l'échec de ses discussions avec les parlementaires.

La moitié de ces coupes, qui s'appliqueront entre samedi et le 1er octobre, concerne le budget de la Défense. Le nouveau numéro un du Pentagone Chuck Hagel a estimé qu'elles allaient mettre en péril toutes les missions de l'armée américaine.

Nouvelle échéance

L'impact immédiat devrait être très limité, mais la Maison blanche a expliqué ces derniers jours que l'ensemble des administrations seraient touchées, du contrôle aérien aux gardes-côtes en passant par l'éducation, la santé et l'immigration.

Mais une autre échéance attend le président américain. Après le 27 mars, le gouvernement fédéral cessera purement et simplement d'être financé, fermetures de services publics à la clé, sauf si le Congrès vote et si M. Obama promulgue une loi budgétaire couvrant les six derniers mois de l'exercice 2013, jusqu'à fin septembre.

Pour sortir de l'impasse, Barack Obama exige le démantèlement de niches fiscales qui profitent essentiellement aux plus hauts revenus ainsi que l'abrogation d'exonérations accordées aux compagnies pétrolières et des avantages fiscaux des fonds de pension.

Après avoir accepté à contre coeur un alourdissement de la fiscalité dans le cadre de l'accord de décembre sur le «mur budgétaire», les républicains excluent quant à eux toute concession.

Fonctionnaires les plus touchés

Comparée au budget total des Etats-Unis, qui atteint 3700 milliards de dollars, les coupes prévues dans le cadre de cette mesure appelé «séquestre» représentent peu de choses. Puisque les dispositifs essentiels tels que l'assurance maladie sont à l'abri, ce sont les fonctionnaires et qui paieront le plus lourd tribut.

Avec 2,7 millions de salariés, la fonction publique est le premier employeur des Etats-Unis. Si les coupes s'appliquent pleinement, 800'000 d'entre eux verront leurs heures de travail et leur salaire diminuer entre mars et septembre.

Des notes d'information sur d'éventuelles mises en disponibilité ont d'ores et déjà été adressées au personnel de certaines agences gouvernementales et à leurs syndicats.

Le Fonds monétaire international a évalué à 0,5% le coût de ces mesures sur la croissance des Etats-Unis, mais le fardeau ne paraît pas insupportable pour une économie en pleine reprise.

Effets surestimés

Le camp conservateur, qui accuse l'exécutif d'avoir surestimé les effets des coupes pour le contraindre à transiger, a campé sur ses positions vendredi lors de la «réunion de la dernière chance».

Elle s'est déroulée en présence de Mitch McConnell et John Boehner, chefs de file des groupes républicains au Sénat et à la Chambre des représentants, et de leurs homologues démocrates Harry Reid et Nancy Pelosi.

«De mon point de vue, la discussion sur les recettes est terminée. Il s'agit de traiter le problème des dépenses», a déclaré John Boehner.

Mais tant M. Obama que M. Boehner ont semblé vouloir calmer le jeu. Ce dernier a indiqué que son groupe déposerait la semaine prochaine un tel texte de financement, qui devra aussi passer l'écueil du Sénat contrôlé par les démocrates. (ats)

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