Vaud: Les couples gays pourront s'unir devant un pasteur
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VaudLes couples gays pourront s'unir devant un pasteur

L'église protestante du canton a décidé de proposer un acte liturgique aux homosexuels pacsés. Réactions.

par
Caroline Gebhard

On ne parle pas encore de bénédiction. Le terme a été retiré du texte voté samedi par le ­Synode de l'Eglise protestante. Mais le signal est là: les couples homosexuels pacsés pourront célébrer leur union par un acte liturgique, dont la forme reste à déterminer. «C'est le principe qui est acquis, réagit Jean-Luc Geneux, coordinateur du groupe chrétiens à VoGay, association vaudoise de personnes concernées par l'homosexualité. La question du rite est purement formelle.»

Après deux jours de débats, l'assemblée faîtière de l'institution s'est donc décidée pour l'introduction d'un rite par 59 oui, 9 contre et 7 abstentions. «Je craignais un vote très serré. Là, le signal est clair, commente David Freymond, président du Sy­node. J'y vois une marque d'ouver­ture et de vitalité de l'Eglise, qui sait se remettre en question.»

Secrétaire romande de ­l'Organisation suisse des lesbiennes, Barbara Lanthemann relève un acte «courageux, car on sait qu'il y aura des réactions négatives.»

La décision risque en effet de heurter certaines sensibilités: «Il est important d'accueillir les homosexuels mais avoir une liturgie exprès pour eux, c'est abandonner une priorité, celle de l'union d'un homme et d'une femme», note François Bachmann, président du Parti évangélique vaudois.

L'Eglise protestante vau­doise devient la dixième en Suisse à proposer un tel rite. Alors que Fribourg a franchi le pas, Genève et Neuchâtel s'y sont refusées.

L'Eglise préparée aux critiques

Certaines réactions avaient été très vives à l’annonce des délibérations, parfois même virulentes. Sachant que la décision du Synode prêtera à discussion, l’Eglise souhaite instaurer un espace de dialogue cadré afin d’«éviter l’échange de mails sauvages», qui a précédé les débats, explique David Freymond. Un forum de discussion devrait être mis en place sur le site internet de l’Eglise, où chacun pourra s’exprimer.

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