Cyclisme – Giro: Les coureurs craignent les fans qui font des selfies

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Cyclisme – GiroLes coureurs craignent les fans qui font des selfies

Plusieurs cyclistes professionnels ont récemment tiré la sonnette d'alarme pour mettre en lumière les pratiques dangereuses en bord de route.

par
duf

Ce n'est un secret pour personne: il n'est vraiment pas évident d'être coureur cycliste. Mais des événements survenus au cours des derniers mois semblent prouver que la petite reine traverse une époque des plus délicates, particulièrement en matière de sécurité.

Lorsque ce ne sont pas d'autres usagers de la route qui provoquent des accidents, comme celui – mortel – de Michele Scarponi ou celui dont a été victime le triple vainqueur du Tour de France Chris Froome, ou encore comme l'agression à main armée sur Yoann Offredo, ce sont carrément les fans eux-mêmes qui risquent de mettre en danger le peloton.

Le dernier ennemi en date? Le selfie, c'est-à-dire l'autoportrait photographique, généralement réalisé à l'aide d'un smartphone, avec ou sans perche métallique permettant d'allonger artificiellement le bras du «photographe». De plus en plus de spectateurs présents sur les bords de la route tentent en effet de se prendre en photo avec les coureurs au moment de leur passage à proximité. Un comportement dangereux déjà à l'origine de plusieurs accidents au cours des dernières années.

Depuis le début du Tour d'Italie, vendredi dernier, plusieurs coureurs déplorent l'augmentation de pratiques dangereuses et surtout de l'utilisation des perches à selfies. «Les perches, ça c'est la nouveauté pour les gens qui veulent prendre des photos avec les cyclistes», a déploré Rory Sutherland, coureur de l'équipe Movistar qui prétend que la chute dont il a été victime dans les derniers kilomètres de la 5e étape du Giro a été provoquée par le comportement de fans au bord de la route.

«Notre espace se rétrécit de plus en plus»

«La beauté du cyclisme, c'est qu'on peut s'approcher des athlètes, mais ça devient trop lorsqu'on en arrive au point de les toucher», a confié Sutherland au magazine «Cycling Weekly». «C'est génial de voir le soutien de tous ces gens, mais on même temps on roule à 60 ou 70km/h et les gens essaient de se pencher vers la route pour regarder. Ils rendent ainsi l'espace que nous avons pour passer de plus en plus petit.»

Le même jour, l'Italien Kristian Sbaragli, de l'équipe Dimension Data, a posté sur les réseaux sociaux une photo du pansement recouvrant son flanc gauche et une blessure causée par un «selfiste» imprudent armé d'une perche. «Aujourd'hui j'ai été heurté par un spectateur qui faisait un selfie. C'est fou, je ne sais pas comment je n'ai pas chuté. S'il vous plaît, respectez-nous. Ce n'est pas un jeu vidéo!», a plaidé le Transalpin sur son compte Twitter.

Le danger du dos tourné

Franco Pellizotti, coureur de la formation Bahrain-Merida, rappelle quant à lui qu'il faut garder l'œil sur le passage des coureurs. «Ce n'est pas la première fois que nous voyons des fans avec des perches à selfies et le dos tourné. C'est dangereux. S'ils vous voient arriver, ils s'enlèvent. Mais s'ils ont le dos tourné ils ne vous voient pas, alors qu'il faut être attentif», souligne l'Italien.

En début de Giro, la playmate anglaise April Summers avait déjà faille provoquer un accident en dansant en bord de route au moment où déboulait le peloton à pleine vitesse. Trop occupée à regarder la caméra qui la filmait, elle n'a pas vu arriver les coureurs passés à quelques centimètres d'elle. «Attention! J'ai failli être écrasée par le Giro», a commenté l'inconsciente bimbo en partageant sa vidéo sur Internet. Le selfie? «Un dangereux mélange entre vanité et stupidité», avait commenté le leader de l'équipe BMC, Tejay van Garderen, en 2014 déjà. Les choses ont peu évolué depuis.

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