JO 2018 – Ski alpin: Les courses test ont payé pour Ramon Zenhäusern
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JO 2018 – Ski alpinLes courses test ont payé pour Ramon Zenhäusern

En mars 2017, les Suisses ont disputé des épreuves mineures à Yongpyong. Des repérages en petit comité qui ont débouché sur une médaille olympique.

par
Oliver Dufour
Yongpyong
La préparation pré-olympique a fait la différence pour Ramon Zenhaeusern.

La préparation pré-olympique a fait la différence pour Ramon Zenhaeusern.

Christophe Pallot/agence Zoom

On aurait beaucoup aimé être là pour assister à des scènes peu banales dans la vie de l'équipe de Suisse de slalom, plutôt habituées à l'organisation rodée des épreuves de Coupe du monde. Mais voilà que Swiss Ski avait décidé d'offrir un séjour d'entraînement en conditions de course à ses techniciens sur neige sud-coréenne. L'occasion de se familiariser avec la piste de Yongpyong, théâtre des disciplines techniques de ski alpin onze mois plus tard. «On était venus disputer deux courses FIS ici», se souvient Matteo Joris, entraîneur des techniciens suisses. «J'avais réservé un hôtel pour nous à Séoul. Quand on était arrivés sur place, il n'existait pas!», sourit l'Italien.

Afin d'enchaîner des passages de piquets en amont de ces courses de seconde zone, auxquelles ne participaient que des Sud-Coréens et un Australien, Joris avait demandé à pouvoir planter quelques portes sur la piste. «Il n'y avait rien dans les environs. J'avais demandé au ski-club s'ils pouvaient nous prêter quelques piquets. J'avais dû leur laisser ma veste de l'équipe de suisse en échange», se marre le coach de 37 ans. Mais les précieux entraînements ont pu se dérouler, puis des triomphes totaux mais logiques dans les deux slaloms. Quatrième, puis troisième derrière ses coéquipiers, Ramon Zenhäusern, alors bien loin de s'imaginer qu'il deviendrait vice-champion olympique de slalom, s'était déjà montré très rapide sur la partie inférieur de la piste, là où il a gagné la course aux médailles jeudi matin. «On avait bien vu les claques qu'il mettait aux autres sur le bas», s'amuse Joris. «Et là il a refait la même chose!»

Un skieur sensible aux nouveautés

«Ça m'a beaucoup aidé de découvrir ce cadre», a dit Zenhäusern de sa première expérience coréenne. Je suis quelqu'un d'assez sensible et je suis facilement affecté par la nouveauté. Aux Jeux olympiques il y a déjà tellement de choses qui sont inconnues, que ça faisait toujours une chose en moins. L'idée de Matteo de venir là pour faire des courses FIS était parfaite. Au début je me suis un peu posé des questions, quand on s'est retrouvé seuls ici, parce que ça coûte quand même à notre Fédération. Mais j'adore voyager et je suis très reconnaissant à Swiss Ski et Tom Stauffer (ndlr: chef du ski alpin masculin) ne nous avoir donné la possibilité de le faire», a commenté le Haut-Valaisan encore tout surpris de se retrouver sur le podium. «Je ne peux aussi que saluer l'immense travail de tous ceux qui m'ont aidé en faisant des choses justes. C'est toute une équipe et sans elle je n'y serais pas arrivé.»

Le slalomeur de 25 ans a également raconté comment il avait dû tomber bas avant d'entamer une ascension vers les sommets de sa discipline. «A Val d'Isère (ndlr: le 10 décembre dernier) j'étais au fond du trou, parce que je ne m'étais même pas qualifié pour la deuxième manche. Puis, il y a eu une 18e place à Madonna di Campiglio (22 décembre) et depuis Zagreb (4 janvier) je n'ai pas arrêté de progresser, pas à pas. Si tu m'avais dit il y a six mois que j'aurais une médaille aux JO, je t'aurais dit: «Tu es fou!» J'aurais toujours pensé que ma victoire dans le slalom par équipes à Stockholm (30 janvier) était la cerise sur le gâteau, mais là, il y en a encore une autre!»

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