Suisse: Les crèches ne manquent pas, elles sont trop chères

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SuisseLes crèches ne manquent pas, elles sont trop chères

De nombreuses familles renoncent à confier leurs enfants à des crèches non pas en raison du manque de places mais de leur prix.

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smk
Les familles assurent les deux tiers des frais de garde dans la plupart des cantons.

Les familles assurent les deux tiers des frais de garde dans la plupart des cantons.

Keystone

La question des crèches en Suisse occupera le Conseil des Etats après les vacances d'été. Le Conseil national a déjà décidé de prolonger l'actuel programme d'impulsion de quatre ans mais les résistances sont plus fortes dans la chambre haute du Parlement.

Selon de nombreux parlementaires, l'offre est encore insuffisante. Mais selon un rapport cité par l'Office fédéral de la statistique (OFS) et publié fin 2017, le nombre de places est jugé satisfaisant, souligne le Tages-Anzeiger.

Des places en nombre suffisant

«L'ère du financement de départ est révolue. La construction des crèches est plus ou moins achevée dans la plupart des régions», conclut un des co-auteurs, Oliver Bieri. Le rapport a été rédigé par des collaborateurs de l'Université de Saint-Gall et de la société Interface, spécialisée dans les études politiques.

Il existe en Suisse 60'000 places de crèche, selon le rapport. Ce qui signifie qu'un enfant sur cinq en préscolaire dispose d'une place pour toute la semaine. Avec des variations selon les cantons puisqu'en Romandie, ce taux est d'un bambin sur trois contre un sur dix dans les cantons ruraux alémaniques. Dans les grandes villes, le ratio est même d'un sur deux.

Deux tiers des frais pour les familles

Le problème vient plutôt des prix pratiqués, selon le rapport. Près de la moitié des familles interrogées renoncent aux crèches en raison de leurs tarifs trop élevés ou du manque de places subventionnées.

Les responsables cantonaux à Berne et à Zurich confirment les grandes lignes du rapport. Ce sont surtout les coûts de prise en charge qui sont le principal problème des familles et non le manque de places.

Dans la plupart des cantons, les pouvoirs publics assurent un tiers des frais, les deux tiers restants revenant aux familles. Difficile toutefois d'inverser ce ratio, comme c'est le cas dans certains cantons romands. «Si l'Etat participait davantage aux frais de garde, les coûts des familles diminueraient et la demande de places en garderie augmenterait en conséquence. L'offre actuelle ne suffirait plus», prévient André Woodtli, directeur du bureau zurichois des mineurs.

Rencontre au sommet en novembre

«Nous sommes trop chers pour de nombreuses familles», reconnaît la conseillère nationale Rosmarie Quadranti (PBD/ZH), présidente de la Fédération suisse pour l'accueil de jour de l'enfant (Kibesuisse). «Non pas à cause de la masse salariale ou des besoins d'infrastructure mais parce que le secteur public et les employeurs versent trop peu.»

Dans le canton de Vaud, les employeurs contribuent au financement des places de garde par le biais d'un fonds. Peu de chances toutefois de voir ce système étendu à toute la Suisse puisque comme le rappelle Simon Wey, spécialiste en économie du marché du travail à l'Union Patronale Suisse (UPS), «le financement est du ressort des pouvoirs publics».

Une grande réunion est prévue en novembre entre l'UPS et des représentants de quasiment tous les partis politiques. A l'exception de l'UDC, qui réserve encore sa participation. Outre le financement des places de garderie, l'UPS veut donner la priorité à l'expansion des écoles de jour. Si le projet ne devrait pas rencontrer de grandes résistances, il en ira tout autrement lorsqu'il faudra déterminer qui mettra la main au porte-monnaie.

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