Fusillades en France: Les crimes attribués au tueur
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Fusillades en FranceLes crimes attribués au tueur

Quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans une fusillade lundi matin devant un collège juif de Toulouse. Des crimes que la police met en lien avec des meurtres de militaires.

Quatre personnes, dont trois enfants, ont été tuées dans une fusillade lundi matin devant un collège juif de Toulouse. L'auteur des coups de feu a pu prendre la fuite. Ce cas pourrait être lié à des meurtres de militaires commis la semaine dernière près de Toulouse.

Un homme au guidon d'une moto ou d'un scooter de forte cylindrée «a tiré sur des enfants et des adultes», a déclaré le procureur de la République Michel Valet. Il a tué un professeur d'hébreu de 30 ans, ses deux enfants de trois et six ans et un autre enfant de dix ans. Un adolescent de 17 ans a été grièvement blessé.

La fusillade s'est déroulée à l'école confessionnelle Ozar Hatorah, où sont scolarisés environ 200 enfants, vers 8h, au moment où les élèves arrivaient dans l'établissement.

D'après le procureur de Toulouse, l'homme est descendu de son deux-roues devant l'établissement puis «il a tiré sur tout ce qu'il y avait en face de lui, enfants et adultes». «Les enfants ont été poursuivis à l'intérieur de l'école», a raconté Michel Valet.

«J'ai vu la vidéo de la tuerie de Toulouse»

Nicole Yardeni, la présidente du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF) pour la région Midi-Pyrénées, a pu voir les images des caméras de vidéo-surveillance de l'école. Sur RTL, elle décrit la scène. «On voit un homme qui court après des enfants, qui en attrape et qui met une balle dans la tête à un enfant de huit ans». «On est ensemble» déclare-t-elle en sanglotant. «On doit rester comme une famille quand elle est dans la peine.»

Les images sont désormais sous scellé, mais Nicole Yardeni a pu les visionner. «C'est un homme efficace, qui s'attaque à une cible facile, des gens désarmés». «Je n'arrive pas à penser que cet homme est fou. Dans l'aspect très déterminé, très calme, ça n'est pas la folie tel qu'on l'imagine, c'est le mal» poursuit-elle.

Mais Nicole Yardeni ne veut pas verser dans les termes trop forts: «Je ne veux pas utiliser des mots comme folie et rage», explique t-elle. «Être l'objet de la haine quand on est juif, c'est quelque chose qu'on apprend quand on est petit, mais en même temps on a une grande foi et un grand amour dans la vie».

Meurtres de militaires

L'affaire fait suite aux meurtres de deux militaires jeudi dernier à Montauban et d'un autre soldat le 12 mars à Toulouse, commis avec la même arme de poing et par un homme casqué qui a aussi pris la fuite en scooter.

Une arme de gros calibre et une deuxième arme ont été utilisées lundi, mais le procureur refuse pour l'instant de dire si l'une d'entre elles a également servi dans le meurtre de militaires. «Il est trop tôt pour établir un lien, mais des éléments existent», a dit Michel Valet.

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, ne se prononce pas non plus sur le calibre des armes. Il a en revanche annoncé le renforcement de la surveillance autour des établissements scolaires israélites.

Un périmètre de sécurité a été mis en place autour de l'école par la police, a constaté Reuters. Tous les enfants ont été regroupés dans l'école. Une cellule d'assistance psychologique a été dépêchée sur place.

Sarkozy et Hollande sur place

«C'est une tragédie épouvantable (...) C'est l'ensemble de la République française qui est touchée par ce drame abominable», a réagi Nicolas Sarkozy. Le président de la République devait se rendre sur place en fin de matinée, en compagnie du président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Richard Prasquier.

Les ministres de l'Intérieur Claude Guéant et de l'Education Luc Chatel, ainsi que le candidat socialiste à l'élection présidentielle François Hollande devaient aussi se rendre à Toulouse. «Cet acte, dont le caractère antisémite est aussi évident qu'abject, frappe des familles dans ce qu'elles ont de plus cher, leurs enfants, et endeuille toute la Nation», a dit M. Hollande.

La candidate du Front national Marine Le Pen a présenté ses condoléances aux familles des victimes et estimé qu'il semblait «que le mode opératoire soit le même que celui utilisé à Montauban à l'encontre de nos militaires».

La communauté juive sous le choc

Le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim est également en route pour Toulouse, a annoncé le Consistoire. «Je suis bouleversé», a déclaré son porte-parole, Moshe Lewin. «(La communauté juive) est sous le choc, elle ne réalise pas encore. Toute la communauté juive est en deuil.»

L'Union des étudiants juifs de France s'est dite «choquée et consternée». Elle souligne que «pour la première fois depuis plus de 50 ans, on assiste au meurtre d'enfants juifs». La France compte de 500'000 à 700'000 juifs, la plus importante communauté d'Europe occidentale.

A Jérusalem, le ministère israélien des Affaires étrangères a fait part de son émotion. «Nous sommes grandement choqués par les informations venant de Toulouse et nous faisons confiance aux autorités françaises pour résoudre ce crime et traduire les responsables en justice», a-t-il indiqué.

Forte mobilisation policière

Une cinquantaine de policiers sont déjà mobilisés sur les meurtres de militaires, tous commis par un homme circulant à scooter et portant un casque à visière.

Lors du premier meurtre de Toulouse, la victime a été attirée dans un piège avec un rendez-vous pour la vente d'une moto. A Montauban, l'assassin a ouvert le feu sur un groupe de militaires regroupés autour d'un distributeur de billets.

La réaction de Nicolas Sarkozy

Le journal de France 24

(ats/ap/afp)

Vigilance renforcée en Belgique

La ministre belge de l'Intérieur a demandé lundi aux services de police d'exercer une «vigilance particulière» des intérêts juifs en Belgique, «en particulier des lieux d'enseignement juifs», après la fusillade près d'un collège juif de la ville française de Toulouse.

«Par précaution», Joëlle Milquet «a fait demander une sensibilisation et une vigilance particulières des services de police, en plus des mesures renforcées de sécurité (déjà existantes en Belgique), en particulier envers les lieux d'enseignement juifs», selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

La ministre a aussi «fait rappeler à tous les services de police concernés le niveau de menace élevé et de «vigilance accrue» existant pour les intérêts de la communauté juive», précise le texte.

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