Tennis: Les cris de certains joueurs les avantagent
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TennisLes cris de certains joueurs les avantagent

C'est la science qui le dit, faire du bruit en frappant la balle de tennis donne un certain impact au joueur qui le pratique.

Rafa Nadal est connu pour ses cris qui le galvanisent.

Rafa Nadal est connu pour ses cris qui le galvanisent.

Les puissants grognements que poussent certains joueurs de tennis en frappant la balle pourraient avoir un effet négatif sur leurs adversaires en les distrayant et en ralentissant leur temps de réaction, ont indiqué des scientifiques.

Grogner pendant le match - Maria Sharapova et Rafael Nadal sont célèbres pour cela - est une pratique qui déclenche souvent des plaintes dans le milieu du tennis, a indiqué Scott Sinnett, principal auteur du rapport publié vendredi dans le journal Public Library of Science One.

Les chercheurs ont fait visionner 384 clips vidéo d'un joueur de tennis frappant la balle à gauche ou à droite d'une caméra vidéo à 33 étudiants de l'Université de Colombie-Britannique, dans l'ouest canadien.

Les étudiants devaient rapidement déterminer de quel côté la balle avait été frappée. Pour certains services, un fort bruit blanc (ressemblant à celui d'un téléviseur en panne avec de la «neige» à l'écran) a été émis au moment où la raquette frappait la balle.

Le son déstabilise

«Quand un son s'ajoute lorsque la balle est frappée, les participants sont significativement plus lents... et font significativement plus d'erreurs», indique l'étude.

De plus en plus de recherches montrent que le bruit «distrait votre capacité de saisir ce qui se passe», a indiqué M. Sinnett joint par téléphone.

«Un grognement (...) bloque la capacité de prêter attention à un événement multi-sensoriel», a-t-il ajouté.

A cause d'un grognement, un joueur de tennis pourrait percevoir une balle lancée à 80km/h, «deux pieds (60 cm) plus près de son adversaire qu'elle ne l'est en réalité».

«Cela pourrait augmenter la probabilité de ne pas être au bon endroit et rendre le renvoi de la balle plus difficile», selon l'étude.

«Beaucoup de monde se plaint du grognement dans le tennis, qui distrait. Certains professionnels ont même parlé de quasi-tricheries», a expliqué Scott Sinnett, désormais professeur adjoint de psychologie à l'université d'Hawaii à Manoa.

«L'étude soulève un certain nombre de questions intéressantes pour le tennis. Par exemple, si Rafael Nadal grogne et Roger Federer ne le fait pas, est-ce du fair-play?», s'est-il demandé. (afp)

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