Actualisé 24.11.2008 à 10:35

AG extraordinaire de UBS

Les critiques vont fuser contre le conseil d'administration

Les actionnaires de l'UBS devront avaliser jeudi à Lucerne le plan de sauvetage ficelé par les pouvoirs publics pour sauver la banque.

Ils n'auront guère d'autre choix que de donner leur feu vert, mais les critiques ne devraient pas épargner le conseil d'administration.

C'est la quatrième fois cette année que l'UBS convoque une assemblée générale et la troisième qu'elle lève des capitaux. Mais c'est la première fois que l'Etat intervient pour secourir l'établissement, enferré dans le marché des hypothèques à risques et confronté à une hémorragie de fonds.

Au second plan

Concrètement, les actionnaires n'auront à voter que sur le premier volet du montage financier dévoilé le 16 octobre: l'emprunt obligatoirement convertible de 6 milliards de francs placé auprès de la Confédération. Vu l'énormité de l'enjeu et l'absence d'alternative, un oui massif devrait l'emporter.

L'opération, qui prévoit aussi la prise en charge par la Banque nationale suisse (BNS) de quelque 60 milliards de dollars d'actifs toxiques, suscite désormais moins de réactions qu'à son annonce. Même si le plan n'a pas réussi jusqu'ici à rétablir la confiance et à redresser le cours de l'action.

Entre-temps, la polémique autour des gratifications des managers de la première banque suisse a un peu éclipsé la chose. Cédant à la pression générale, l'UBS a publié son rapport sur sa nouvelle politique de gratifications, qui envisage notamment le remboursement des bonus.

L'ex-patron Peter Wuffli a déjà annoncé qu'il renonçait aux 12 millions de francs qui lui étaient dus. Un exemple qui pour l'heure na pas été suivi, mais a contribué à alimenter le débat.

Image écornée

Le rapport sur les rémunérations sera d'ailleurs resservi aux actionnaires, en marge de l'agenda du 27 novembre. S'il n'aura qu'un caractère informatif, il donnera l'occasion aux actionnaires de déverser leurs critiques sur un conseil d'administration qui peine à inspirer la confiance.

Ainsi, son vice-président Sergio Marchionne n'a pas hésité à tenir des propos peu amènes sur le président Peter Kurer et le CEO de la banque Marcel Rohner. Ensuite, le nouvel administrateur Rainer-Marc Frey, élu lors de l'assemblée extraordinaire du 2 octobre, s'est récemment défait d'un million d'actions UBS.

Son geste a été imité peu après au niveau de la direction par Marten Hoekstra, qui vient de remplacer en urgence le responsable de la gestion de fortune, Raoul Weil. La justice américaine vient d'inculper ce dernier dans le cadre de l'affaire de fraude fiscale qui pèse sur la banque aux Etats-Unis. Autre dossier loin d'avoir trouvé son épilogue.

Les milieux bancaires eux-même ont fustigé l'atmosphère délétère qui règne dans les hautes sphères de l'UBS. Jacques Rossier, associé de la banque privée LODH, a souligné dans une interview que l'absence de réaction ferme de la part de Peter Kurer et de Marcel Rohner dénotait un manque de leadership certain.

La messe est dite

Sur le plan parlementaire en tout cas, le plan de sauvetage est quasiment avalisé. Les commissions des Etats et du National ont approuvé l'injection des 6 milliards de francs. Et le Parlement devra lui se prononcer les 8 (Conseil national) et 9 décembre (Conseil des Etats), alors que les obligations seront émises dès le 4 décembre.

Les socialistes ont bien tenté d'allumer un contre-feu à l'opération. Ils ont notamment réclamé une prise de participation de l'Etat fédéral dans la banque en échange de son soutien, à l'instar des opération de sauvetage pratiquées en France ou en Grande-Bretagne. Sans succès, les autres partis n'ayant pas suivi.

Et l'intervention de la Confédération pourrait ne pas être la dernière. Dimanche, dans la «SonntagsZeitung», le directeur de la Commission fédérale des banques (CFB) Daniel Zuberbühler a laissé entendre qu'une nouvelle aide n'était pas exclue si la situation devait empirer sur les marchés financiers. (ats)

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