Les décibels explosent les tympans des clubbers
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Les décibels explosent les tympans des clubbers

S'éclater, oui, mais pas les oreilles. Sur dix lieux contrôlés vendredi par des policiers en civil, trois ont trop monté le son.

«Vous êtes à 96,8 décibels au lieu de 93. (...) En six mois, c'est la troisième fois qu'on vous chope», lance le brigadier Grandchamp au gérant d'un dancing samedi peu après minuit.

La brigade de prévention du bruit lausannoise, seule du genre en Suisse, est de sortie chaque fin de semaine. Deux policiers en civil baladent un sonomètre sur les pistes de danse choisies parmi 41 établissements de nuit. Ce week-end n'a pas fait exception, alors que 20 000 noctambules ont profité à plein tube du passe pour les grandes discos de la ville.

Vers 2 h 30, les deux agents spécialisés débarquent dans un appartement, sur appel d'un locataire à bout de nerfs. Dans son immeuble, une boîte a rouvert. Son propriétaire accuse la vétusté du bâtiment. Le volume de la musique est aussi trop fort selon la police: «Vous êtes à 95 db. Chez le plaignant, on s'entend comme si on était sur une piste de danse.»

Une étude acoustique sera nécessaire, mais le patron reste sceptique. «ça peut coûter des dizaines de milliers de francs, et ce n'est pas sûr que ça marche.»

Sur seize contrôles depuis le début 2006, la moitié dépassait les normes. Des chiffres constants d'année en année, malgré les sanctions. L'amende peut dépasser 1000 fr. et un limiteur de volume est imposé au deuxième avertissement.

Le bruit, c'est aussi un fléau à l'extérieur des clubs. Ce week-end, Lausanne a engagé deux comédiens chargés de sensibliser les fêtards à baisser le ton.

Sophie Roselli

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