Coronavirus à Genève: Les demandes d'aide sociale ont plus que doublé
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Coronavirus à GenèveLes demandes d'aide sociale ont plus que doublé

L’Hospice général estime avoir besoin de 25 millions de francs supplémentaires pour répondre aux sollicitations.

A Genève, de plus en plus de personnes peinent à joindre les deux bouts. Ici, la queue aux Vernets pour obtenir un colis alimentaire.

A Genève, de plus en plus de personnes peinent à joindre les deux bouts. Ici, la queue aux Vernets pour obtenir un colis alimentaire.

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A Genève, l'Hospice général fait face à une explosion des demandes en raison de la crise sanitaire due à l'épidémie de Covid-19. L'institution d'aide sociale a enregistré 1700 nouvelles demandes en six semaines, alors qu'elle en traite habituellement 400 par mois.

A ce jour, «900 dossiers ont été ouverts et il en reste une centaine à étudier», indique Christophe Girod, directeur de l'Hospice général (HG), dans un entretien au «Temps» jeudi. Il estime avoir besoin de 25 millions de francs supplémentaires. Une demande de crédit complémentaire sera déposée au Grand Conseil. Les prestations d'aide sociale sont garanties par la Constitution genevoise, rappelle-t-il.

Parmi les demandeurs d'aide figurent, comme d'habitude, les personnes qui n'ont pas droit au chômage, car elles «cumulent les petits jobs sans cotiser du tout ou pas suffisamment aux assurances sociales. La grande majorité de ces personnes provient du secteur de la restauration, de l'hôtellerie ou de l'économie domestique», précise-t-il.

Demandes d'indépendants

Nouveauté due à la crise: l'HG enregistre plus de 200 nouvelles demandes par mois d'indépendants, contre cinq à dix en temps normal. Quelque 45% d'entre eux sont des chauffeurs de taxi, 7% proviennent du domaine de l'esthétique, 5% de la prostitution et 4% du bâtiment, précise M. Girod. La tendance est à la baisse depuis que le Conseil fédéral a décidé d'élargir les APG aux indépendants.

Travailleurs au noir

Alors que plus de 2500 personnes ont obtenu une aide alimentaire samedi, le directeur considère qu'aider les travailleurs illégaux est un des grands défis de la crise: «Seulement 70 sans-papiers ont fait une démarche chez nous alors qu'ils sont estimé à plusieurs milliers à Genève.» L'institution d'aide sociale, l'Etat et le milieu associatif cherchent à trouver une solution commune.

A moyen et à long terme, Christophe Girod craint les répercussions de la crise sur les plus fragiles. Selon lui, ce sera encore plus compliqué de réintégrer les bénéficiaires de l'aide sociale sur le marché du travail dans un contexte de marasme économique. «La crise que nous vivons implique de repenser en profondeur le modèle de l'aide sociale et le sens du mot solidarité», conclut-il.

(ATS)

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