Immigration: Les demandes d'asile bondissent en Suisse
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ImmigrationLes demandes d'asile bondissent en Suisse

Le nombre de réfugiés dans notre pays explose depuis juin. La Confédération espère un reflux avec l'hiver, mais les chiffres démentent cette prévision.

par
Pascal Schmuck
Zurich
La Suisse pourrait accueillir jusqu'à 10'000 requérants en novembre.

La Suisse pourrait accueillir jusqu'à 10'000 requérants en novembre.

La Confédération tient-elle un double langage sur le nombre de requérants d'asile attendus en Suisse? Dans son budget pour 2016, le département de Simonetta Sommaruga prévoit un total de 24'000 réfugiés, pour des coûts de 1,47 milliard de francs. Or le flot de migrants qui a atteint la Suisse depuis juin ne se tarit pas, comme l'a révélé la «Basler Zeitung».

Rien que pour le mois d'octobre, ce ne sont pas moins de 4700 demandes d'asile qui ont été déposées, un montant encore supérieur aux 4544 migrants inscrits en septembre. Ces chiffres ressortent d'un rapport interne du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) que le journal bâlois s'est procuré.

Les Afghans affluent

Pour novembre, la Confédération prévoit près de 10'000 arrivées. Le secrétaire d'Etat Mario Gattiker reconnaît désormais que la prévision de 29'000 demandeurs d'asile pour 2015 «sera nettement dépassée». On parle désormais de 34'000 requérants pour l'année en cours.

Un chiffre explique l'explosion aux frontières: en octobre, 1533 Afghans ont déposé une demande d'asile. C'est presque autant que les 1929 qui se sont annoncés entre janvier et septembre.

Selon Mario Gattiker, ce bond reflète la nouvelle attitude de l'Allemagne, qui donne la priorité aux Syriens. Pour Philipp Müller, le président du PLR, il faut agir. «La Confédération doit très clairement dire que les réfugiés afghans ne sont accueillis que provisoirement en Suisse.»

Plus de gardes-frontière

Les douanes de Buchs et de St. Margrethen, dans le canton de Saint-Gall, représentent les principaux points d'entrée de ces migrants. Davantage de gardes-frontière y sont désormais déployés, mais d'autres régions sont ainsi dégarnies. L'administration refuse de dire combien sont désormais en service à Saint-Gall.

Berne suit également de près l'évolution des capacités d'accueil qui sont mises à mal tant en Allemagne qu'en Autriche, et notamment dans les services d'enregistrement, au coeur du système de Dublin. Mais pour le SEM, il n'y a pour le moment aucun indice qui montre que ces Etats ne respectent pas ces accords. En effet, en n'enregistrant pas ces réfugiés, les pays ne sont pas obligés de les reprendre s'ils sont déboutés en Suisse.

La Hongrie renâcle

Le SEM précise qu'un enregistrement n'est pas nécessaire pour renvoyer des requérants, des indices suffisent. L'administration vérifie donc dans les centres d'accueil si les demandeurs d'asile sont déjà entrés en contact avec les autorités d'un autre pays relevant de l'accord de Dublin. Un billet de train, un tampon ou une autorisation provisoire suffisent comme preuve.

Si les expulsions vers l'Autriche et l'Allemagne fonctionnent, ce n'est pas le cas avec la Hongrie, où transitent des dizaines de milliers de réfugiés. Budapest aurait déjà dû reprendre 600 d'entre eux en provenance de Suisse, mais elle n'en a récupéré que 73.

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