Tous les cantons romands touchés: Les demandes de chômage partiel explosent

Actualisé

Tous les cantons romands touchésLes demandes de chômage partiel explosent

Les demandes de chômage partiel touchent l'ensemble des cantons romands, sans exception, alors que la crise économique s'accentue.

Adaptées aux périodes difficiles, ces mesures permettent aux entreprises de réduire la voilure sans licencier.

Les sociétés recourent plus facilement aux réductions des horaires de travail que lors de la précédente crise en 2002/03, révèle un sondage de l'ATS. Et la tendance se renforce à vive allure, d'autant plus que la durée maximale du droit aux indemnités vient d'être allongée.

À Genève, les demandes d'autorisation pour appliquer des mesures de réduction des horaires de travail (MRHT) ont nettement augmenté en février.

«Nous avons constaté une hausse des demandes qui est normale, comme à chaque fois que l'on observe une baisse de la conjoncture», a indiqué lundi Bernard Favre, secrétaire général adjoint du Département de la Solidarité et de l'Emploi (DSE). En février, 48 entreprises ont reçu l'autorisation de recourir au chômage partiel.

Bonne nouvelle

«Cela correspond à 1564 travailleurs susceptibles d'être concernés», a précisé M. Favre. Par comparaison, 8 demandes avaient été accordées en décembre et 27 en janvier. «Ceci montre la volonté des entreprises de conserver les forces de travail. C'est une bonne nouvelle, car cela n'entraîne pas une baisse des revenus pour les salariés», poursuit Bernard Favre.

Le phénomène est également observable dans le canton de Vaud. Selon Roger Piccand, chef du Service vaudois de l'emploi, 210 entreprises du canton ont demandé une autorisation depuis octobre.

Sur ce chiffre, 170 ont reçu le feu vert, 40 ont essuyé un refus car elles ne remplissaient pas les conditions. Pour le mois de mars, 3000 travailleurs sont susceptibles d'être mis au chômage partiel. Ils étaient 1100 en janvier. Reste que cela ne signifie pas forcément que tous le seront, des commandes pouvant arriver entre-temps.

Traduction d'une inquiétude

Les entreprises ont tendance à déposer ces demandes de manière préventive, avertit Roger Piccand. Les employés effectivement mis au chômage partiel sont en fin de compte nettement moins nombreux.

Ces chiffres indiquent plus une inquiétude des entreprises et une détérioration de la situation qu'une hausse effective du chômage partiel, explique-t-il. Le «moment de vérité» arrive deux mois plus tard, lorsque les caisses de chômage comptent les jours effectivement chômés.

En Valais, 82 entreprises ont demandé en février l'autorisation de réduire les horaires de travail. Sur ce total, 69 ont été autorisées à toucher des indemnités.

Rien l'an passé

Quelque 1840 travailleurs sont ainsi potentiellement concernés. En janvier, 41 entreprises, dénombrant 981 travailleurs, avaient été autorisées à toucher des indemnités, a indiqué Jérôme Bonvin, chef adjoint du service valaisan de l'industrie, du commerce et du travail. En 2008, il n'avait eu pratiquement aucune demande de réduction d'horaire de travail.

Le Jura n'est pas épargné. Pour le mois de janvier, le Service des arts et métiers et du travail a enregistré 62 demandes, qui ont été toutes accordées.

Pour le mois de février, ce nombre s'élevait à 34. En février ce sont soutefois de «grandes entreprises» qui se sont signalées, explique le chef de ce service, Gérald Kaech. D'une façon générale, on assiste à une très nette hausse des demandes depuis octobre 2008, ajoute-t-il.

Prolongation

À Fribourg, l'administration cantonale a reçu 48 demandes en février en provenance de 39 entreprises, concernant 1701 travailleurs. A noter que pour 904 de ces personnes, il s'agissait de demandes de prolongation après une première période de trois mois, a précisé lundi le service de l'emploi du canton de Fribourg.

Durant le deuxième mois de 2009, le nombre total de demandes a augmenté de moitié par rapport au mois de janvier, lors duquel 32 demandes avaient été déposées par 22 sociétés pour 465 employés.

Neuchâtel aussi touché

Dans le canton de Neuchâtel, le nombre d'entreprises ayant adopté le chômage partiel se montait à 147 à fin février, contre 38 à fin janvier. Quelque 1506 employés sont concernés par les demandes déposées pour février. Un total de 3995 employés étaient touchés par le chômage partiel à la fin du mois dernier, a indiqué Emmanuel Babey, porte-parole du service cantonal de l'économie.

En janvier, les secteurs de l'électro-technique, de l'électronique et de l'horlogerie représentaient 51,3% des 45 000 heures effectivement chômées sous le régime du chômage partiel. (ats)

Ton opinion