Plan de sauvetage: Les démocrates posent leurs conditions
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Plan de sauvetageLes démocrates posent leurs conditions

Des divergences se sont fait jour lundi entre la Maison Blanche et le Congrès sur le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars concocté par Washington pour enrayer la crise financière qui a affecté l'ensemble des marchés mondiaux la semaine dernière.

De leur côté, les bourses asiatiques ont confirmé leur rebond de vendredi alors que les marché européens sont repartis à la baisse.

Dans un discours à la Maison Blanche, le président américain George W. Bush a souligné que le «monde entier regarde» comment les Etats-Unis gèrent la crise. Il a reconnu des désaccords avec la majorité démocrate au Congrès sur le gigantesque plan de sauvetage du secteur bancaire et financier américain annoncé la semaine dernière. «Manifestement, il y aura des divergences sur certains détails, et nous devrons les surmonter», a-t-il souligné. «C'est un élément compréhensible du processus de prise de décision politique.»

Mais, a-t-il ajouté, «on ne pourrait comprendre que des membres du Congrès cherchent à utiliser cette législation d'urgence pour faire passer des dispositions sans rapport ou pour insister sur des dispositions qui saperaient l'efficacité du plan.»

Le démocrate Chris Dodd, président de la commission bancaire du Sénat, a transmis au secrétaire au Trésor Henry Paulson un texte proposant d'intégrer au plan de sauvetage une mesure en faveur des propriétaires victimes des crédits immobiliers à risque, les «subprimes». Il s'agirait de permettre à la justice de revoir les modalités des prêts des propriétaires en difficulté pour réduire le montant de leurs remboursements mensuels.

Le texte, dont l'Associated Press a obtenu une copie, propose aussi le plafonnement des avantages salariaux accordés aux dirigeants des entreprises bénéficiant du plan. M. Dodd veut également que le gouvernement entre dans le capital des sociétés bénéficiant de ce dispositif sans précédent.

Le texte autoriserait le gouvernement à racheter avec l'argent du contribuable les créances douteuses liées aux subprimes des banques et d'autres institutions financières. Mais le dispositif envisagé par les démocrates expirerait à la fin 2009, au lieu de s'étaler sur deux ans comme le veut l'administration Bush. Le texte renforce également la supervision du programme par le Congrès.

Interrogée sur le fait de savoir si des négociations entre l'exécutif et le Congrès pourraient retarder l'adoption du texte, la porte-parole du Trésor américain Brookly McLaughlin a estimé qu'un texte pourrait être prêt «cette semaine».

La Commission européenne et les ministres des Finances du groupe des sept pays les plus industrialisés (G7) ont salué lundi le plan de sauvetage américain. Dans un communiqué, les ministres du G7 (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie et Canada) se sont également dits prêts à prendre «toutes les mesures nécessaires, individuellement et collectivement, pour garantir la stabilité du système financier international».

Mais les marchés européens sont repartis à la baisse. A Paris, l'indice CAC-40 s'inscrivait en recul de 2,34% à la clôture à 4.223 points. A Londres, le FTSE-100 abandonnait 75,05 points à la clôture, soit 1,41%, à 5.236,26 points. Le DAX était également en recul à Francfort.

L'ensemble des marchés internationaux avait connu un fort rebond vendredi après l'annonce du plan de sauvetage américain. «Aujourd'hui (lundi, ndlr) il y a des prises de bénéfice et des inquiétudes sur l'économie mondiale alors que l'on voit les cours du pétrole remonter», a expliqué Stephen Pope, un analyste de Cantor Fitzgerald, en référence au repli des marchés européens.

En revanche, les marchés asiatiques ont confirmé l'embellie observée vendredi. A Tokyo, l'indice Nikkei-225 a grimpé de 1,4%, tandis qu'à Hong Kong l'indice Hang Seng gagnait 1,6% et que l'indice composite de Shanghaï bondissait de 7,8%. Les marchés en Australie et à Taïwan ont également fortement progressé.

Par ailleurs, la forte demande de liquidités sur les marchés financiers a montré lundi quelques signes d'apaisement après l'annonce de la Banque centrale européenne qu'elle allait injecter 40 milliards de dollars (27,6 milliards d'euros) supplémentaires dans le cadre d'une transaction de liquidités sur une journée. (ap)

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