Actualisé 21.07.2020 à 00:39

Présidentielle américaineLes démocrates préoccupés par des ingérences étrangères

Des démocrates du Congrès américain ont écrit au FBI pour dénoncer une «campagne concertée d’ingérence étrangère» et demander un briefing à huis clos.

Nancy Pelosi le 20 juillet 2020.

Nancy Pelosi le 20 juillet 2020.

AFP

Le Congrès américain «semble être la cible d’une campagne» de désinformation orchestrée depuis l’étranger, ont assuré lundi des responsables démocrates très «préoccupés» par ces efforts qui visent selon eux à peser sur la présidentielle du 3 novembre.

La chef des démocrates à la Chambre des représentants Nancy Pelosi et trois de ses confrères ont fait part il y a une semaine de leurs inquiétudes au chef de la police fédérale Christopher Wray, en lui réclamant d’informer les élus du Congrès avant les vacances parlementaires d’août.

Dans leur courrier, qu’ils ont décidé de rendre public lundi, ils évoquent des «menaces spécifiques, graves» et «persistantes», mais ne fournissent aucun détail. Une pièce jointe contenant des informations classifiées accompagne leur lettre, mais reste confidentielle.

Information sensible

«Nous sommes profondément préoccupés, en particulier parce que le Congrès semble être la cible d’une campagne concertée d’ingérence étrangère, qui vise à propager et amplifier des informations inexactes afin d’influencer l’activité du Congrès, le débat public et l’élection présidentielle de novembre», écrivent-ils.

Les quatre parlementaires demandent au chef du FBI de leur transmettre un calendrier ce lundi, en vue d’un briefing à huis clos de l’ensemble des parlementaires le plus tôt possible. Le FBI a déclaré à l’AFP avoir reçu ce courrier, mais n’a pas voulu en dire plus.

Les quatre signataires font partie d’un groupe de huit parlementaires ayant les accréditations les plus élevées pour accéder aux informations sensibles. Les quatre républicains membres de ce groupe ne se sont pas associés à leur démarche.

Nouveau 2016?

Accusant le président Donald Trump de ne pas faire suffisamment pour lutter contre ces interférences, son rival démocrate pour la présidentielle de novembre Joe Biden a menacé lundi: «J’avertis le Kremlin et les autres gouvernements étrangers (…) Si un gouvernement étranger tente d’interférer dans notre démocratie, je n’hésiterai pas à répondre en tant que président pour imposer des coûts durables et substantiels».

Les services de renseignement américains accusent tous la Russie de s’être ingérée dans l’élection présidentielle de 2016, notamment à l’aide de pirates informatiques et de campagnes massives sur les réseaux sociaux, pour favoriser la candidature de Donald Trump et gêner sa rivale démocrate Hillary Clinton, ce que Moscou a toujours fermement démenti. Une fois élu, le président républicain a fait l’objet d’une longue enquête sur des soupçons de collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin, sans qu’aucune preuve ne soit mise au jour.

En février, des responsables du renseignement ont mentionné de nouvelles interférences russes dans la campagne 2020, toujours destinées à favoriser Donald Trump, lors d’un briefing au Congrès censé rester confidentiel, mais qui avait fuité dans les médias. Courroucé, le président avait dans la foulée limogé son chef du renseignement par intérim et l’avait remplacé par un de ses fidèles. Christopher Wray a pour sa part évoqué début juillet «une campagne d’influence pernicieuse de la Chine» sur la politique américaine. Pékin a «ses préférences» pour les prochains scrutins, avait-il également assuré.

(AFP/NXP)

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