Genève: Les dépistages VIH ne seront pas gratuits
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GenèveLes dépistages VIH ne seront pas gratuits

Une large majorité des députés demandait à l'Etat de prendre en charge les tests du sida. L'Exécutif dit «non» et privilégie la prévention.

par
Thomas Piffaretti

Une trentaine d'élus du Grand Conseil l'avaient paraphée, 80 l'avaient soutenue. En janvier, une motion demandant au Canton de rendre gratuits les dépistages VIH effectués à l'Hôpital cantonal (HUG) avait été plébiscitée. Pourtant, les autorités ont décidé de ne pas suivre le Législatif.

Le rapport du gouvernement, inscrit à l'ordre du jour de la session parlementaire de demain, estime peu opportune la mise en œuvre de la mesure, qui est devisée à 200'000 fr. D'un point de vue financier, elle «prétériterait la mise en œuvre et la continuité des différents projets en cours». Parmi ces derniers, un accès facilité aux lieux de tests pour l'ensemble des affections sexuelles, un meilleur accompagnement des malades et une prévention accrue.

«Je suis particulièrement déçu, peste le député PS Romain de Sainte Marie, qui avait porté la motion. Vu la situation actuelle et le soutien qu'a reçu le texte, je compte bien contre-attaquer, via un projet de loi, voire une initiative.» Avec 18,7 nouveaux cas recensés pour 100'000 habitants en 2012, Genève reste le canton le plus touché par l'épidémie de VIH. «Sur le fond, nous ne pouvons qu'être pour la gratuité. Mais il faut s'assurer que ces coûts supplémentaires ne se fassent pas au détriment de la prévention, du soutien et de l'information», relève le Groupe Sida Genève.

Une question qui ne se pose qu'à Genève

L'idée de rendre gratuits les tests VIH n'est pas discutée ailleurs qu'au bout du lac, note l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), qui n'encourage pas la mesure. L'investissement consenti pourrait diminuer la qualité de l'encadrement médical: «Un test de dépistage du VIH sans conseil individuel sur les risques est une occasion de prévention manquée», note l'OFSP. Sans prendre parti, les HUG s'inquiètent que 50% des personnes infectées sont dépistées après plus dune année.

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