Actualisé 09.02.2017 à 09:07

Grande-BretagneLes députés autorisent le Brexit

Theresa May a obtenu le feu vert des députés pour entamer la procédure de divorce avec l'Union européenne, mercredi.

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Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Le président du Conseil européen Donald Tusk s'exprime lors de son arrivée au Sommet Européen spécialement dédié au Brexit à Bruxelles. (Samedi 29 avril 2017)

Keystone
Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

Nicola Sturgeon rédige une lettre à la Première ministre britannique dans laquelle elle souligne que «le peuple écossais doit avoir le droit de choisir son propre avenir». (Jeudi 30 mars 2017)

AFP
Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

Donald Tusk a expliqué que la «relation future» avec le Royaume-Uni ne se fera uniquement quand des «progrès suffisants» auront été faits sur l'accord réglant le divorce. (31 mars 2017)

AFP

Une étape clef a été franchie dans la mise en oeuvre du Brexit avec l'adoption par les députés du projet de loi autorisant la Première ministre Theresa May à lancer la procédure de sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Les députés de la chambre des Communes ont largement approuvé mercredi le texte en première lecture par 494 voix contre 122, au terme de plusieurs jours de débats consacrés à l'étude de quelque 140 pages d'amendements. Le projet de loi, soumis au Parlement après que le gouvernement y a été contraint par la Cour suprême en janvier, doit maintenant être examiné par la chambre des Lords, qui devrait également l'approuver.

Intitulé «Projet de loi de l'Union européenne (notification de retrait)», le texte donne à Theresa May le pouvoir d'activer l'article 50 du Traité de Lisbonne, qui lancera deux années de négociations de sortie de l'UE. Si l'adoption définitive ne devrait pas intervenir avant plusieurs semaines, le vote de mercredi constitue une victoire pour la Première ministre conservatrice, qui s'est engagée à déclencher cet article 50 avant le 31 mars.

Une première étape mais un pas important

Pour étouffer toute rébellion dans les rangs de la majorité conservatrice, Theresa May a promis mardi que le Parlement se prononcerait sur les termes du Brexit avant le résultat final des négociations entre Londres et Bruxelles, sans toutefois que cela ne puisse remettre en cause la sortie de l'UE.

«Nous introduirons une motion. Cette motion sera dans l'accord final», a-t-elle déclaré mercredi au Parlement. Et ce «avant que le Parlement européen ne débatte et ne valide l'accord final». «Ce sera un vote important», a estimé le secrétaire d'Etat au Brexit, David Jones. «Il laissera le choix entre sortir de l'Union européenne avec ou sans un accord négocié» avec Bruxelles.

Lundi, dans ce même souci d'éviter toute rébellion chez les élus conservateurs avant le vote de mercredi, Theresa May avait mis en garde les députés tentés de voter certains amendements visant à réduire la marge de manoeuvre du gouvernement. «Ce n'est pas le moment d'entraver la volonté du peuple britannique», avait-elle déclaré devant la chambre des Communes, où certains élus s'inquiètent de la sortie du Royaume-Uni du marché unique européen annoncée par Theresa May.

Le Labour se déchire

Message reçu puisque, mardi soir, la chambre des Communes a rejeté un amendement des travaillistes qui souhaitaient voir accorder au Parlement un droit de veto sur le futur accord entre Londres et Bruxelles. Les parlementaires ont également rejeté mercredi un amendement du parti libéral-démocrate réclamant la tenue d'un référendum sur l'accord de sortie de l'UE.

Si plus des deux tiers des députés se sont opposés au Brexit lors de la campagne du référendum du 23 juin 2016, la majorité d'entre eux estiment désormais difficile de s'opposer à la volonté des électeurs qui se sont prononcés à 52% pour une sortie de l'UE.

Le projet de loi avait d'autant plus de chances d'être adopté que le Labour, principal parti d'opposition, avait promis de ne pas le bloquer, même si 47 de ses 229 députés ont défié la ligne officielle la semaine dernière en votant contre la poursuite de l'examen du texte. Une cinquantaine de députés du Labour ont fait de même lors du vote de mercredi. Et dans un nouvel acte de rébellion envers le chef du parti Jeremy Corbyn, le député Clive Lewis a annoncé qu'il démissionnait du cabinet fantôme travailliste, où il s'occupait de questions économiques.

Parmi les opposants au texte figurent les indépendantistes écossais du SNP, qui souhaitent rester dans le marché unique et brandissent la menace d'un deuxième référendum d'indépendance après celui de septembre 2014. Lors d'un vote purement symbolique à Edimbourg, mardi soir, le Parlement écossais dominé par le Parti national écossais SNP a voté à une majorité écrasante contre le projet de loi.

«Le vrai combat commence maintenant»

Après le vote aux Communes, Jeremy Corbyn a indiqué sur Twitter quel était désormais l'objectif du parti travailliste. «Le vrai combat commence maintenant. Au cours des deux prochaines années, le Labour saisira chaque occasion pour faire en sorte que le Brexit protège les emplois, le niveau de vie et l'économie».

«Comment?», lui a demandé Nicola Sturgeon, la chef du SNP. «Vous venez de donner un chèque en blanc aux conservateurs. Vous n'avez pas obtenu une seule concession et vous avez quand même voté pour le Brexit. Pathétique», a-t-elle tweeté.

Et le député libéral-démocrate Nick Clegg, ancien vice-Premier ministre, a mis en garde contre un Brexit «dur» qui selon lui risquerait de laisser les Britanniques «plus pauvres, plus faibles et plus isolés».

Dans le camp du Brexit, en revanche, on célébrait la victoire. «Je n'avais jamais pensé voir le jour où la chambre des Communes voterait massivement pour que la Grande-Bretagne quitte l'Union européenne», a tweeté Nigel Farage, ancien leader du parti souverainiste Ukip et l'un des principaux acteurs de la campagne pour le Brexit.

(nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

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