Genève: Les députés se sont battus à coup de figues molles
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GenèveLes députés se sont battus à coup de figues molles

Les débats au Parlement genevois peuvent être interminables. Les députés ne manquent toutefois pas d'expressions fleuries pour ponctuer leurs palabres.

Petit florilège des perles oratoires de la législature 2009-2013 récoltées par le service du Mémorial du Grand Conseil. «Ce n'est pas en faisant marche arrière qu'on ira de l'avant!» lançait ainsi, plein d'aplomb, le radical Michel Ducret. Tout aussi lucide, Mauro Poggia (MCG) constatait: «Il faut avoir l'humilité de savoir que les vagues que nous faisons ici sont égales à celles que peut faire un poisson rouge dans un bocal.» Le recours à la locution imagée - parfois douteuse - a aussi fait fureur, à l'instar de «il n'y a pas de quoi abattre un âne à coups de figues molles», que l'on doit au MCG Eric Stauffer. Ou encore: «Et ça c'est le pompon sur le mocassin, ou la cerise sur le gâteau!», de l'UDC Antoine Bertschy.

Du goudron et des plumes

Les amabilités entre députés ont régulièrement fusé. Le radical Jean Romain, invectivant les bancs d'en face: «On a entendu le même chewing-gum collectif qu'ils mâchent, lui et son parti, depuis des mois, depuis des années.» L'ambiance est souvent devenue électrique au Grand Conseil, mais les députés ont refusé de tomber dans l'excès: «Nous ne sommes plus au Far West au 19e siècle et nous n'allons pas enduire la chancelière de goudron et de plumes.» Ces propos rassurants reviennent au radical Patrick Saudan.

Hauteur culturelle

Le public n'a pas non plus été épargné par les références en dessous de la ceinture. «On est donc en train de traiter la syphilis avec du sparadrap et ce n'est pas M. le conseiller d'Etat qui me contredira quant au fait que ce n'est pas la meilleure des méthodes», a lancé le libéral Renaud Gautier. Ou encore: «Faire de la politique avec des motions, je suis désolé, c'est un peu comme pisser dans un verre d'eau», a affirmé le socialiste Roger Deneys. Sans doute sans rapport avec le fameux jet du verre d'eau d'Eric Stauffer au visage de Pierre Weiss. Alors que les députés se laissaient aller à quelques excès, le Conseil d'Etat se devait de rester au-dessus de la mêlée. Rien ne vaut une référence culturelle bien choisie pour remettre un peu d'ordre: «Plus proches de Feydeau que de Marivaux, les débats de ce Parlement viennent une fois de plus démontrer la complexité des couples à trois», dixit Charles Beer, ministre de la Culture. (ats)

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