Ski alpin: Les descentes dames de Zermatt aussi annulées

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Ski alpinLes descentes dames de Zermatt aussi annulées

Après l’annulation des descentes masculines, les épreuves féminines sont aussi passées à la trappe. Rendez-vous en 2023… peut-être!

Il n’y aura pas de course au pied du Cervin cette saison.

Il n’y aura pas de course au pied du Cervin cette saison.

Sébastien Anex

Après le contrôle de la neige effectué ce mardi sur la «Gran Becca», les deux courses de descente féminines, prévues les 5 et 6 novembre, ont été annulées en raison des conditions météorologiques trop chaudes.

Les organisateurs espéraient que les températures baisseraient suffisamment pour finaliser les préparatifs du parcours, mais les températures anormalement chaudes pour la saison et les fortes précipitations jusqu'à plus de 3000 mètres d'altitude ont fait que la piste n'est pas prête pour les courses. La pente du glacier est encore en parfait état, mais la partie inférieure est trop molle et la sécurité des athlètes ne peut pas être garantie pour les courses.

C'est une annulation que la Fédération internationale de ski (FIS) regrette. «Nous avons espéré, avec les organisateurs, de meilleures nouvelles jusqu'à la toute fin. Malheureusement, l'annulation des courses féminines est inévitable. Nous tenons à remercier les organisateurs pour leur grand engagement et apprécions tous les efforts déployés pour pouvoir organiser les courses sur la «Gran Becca». Nous continuons à croire en ce projet unique de descente transfrontalière», a déclaré le secrétaire général de la FIS, Michel Vion.

« La nature doit être respectée et acceptée.»

Franz Julen, président du Comité d’organisation

«Si les températures avaient été 2 à 3 degrés plus froides ces sept derniers jours, nous aurions eu de fortes chutes de neige jusqu'à la zone d'arrivée et nous aurions pu produire de la neige artificielle. La nature doit être respectée et acceptée. La FIS n'a pas eu d'autre choix que d'annuler les courses féminines», a pour sa part expliqué Franz Julen, président du CO.

Les organisateurs de Zermatt et de Cervinia travaillent déjà à ce que la grande première du Matterhorn Cervino Speed Opening devienne une réalité, à la fin de l'automne 2023. «Nous avons pu apprendre beaucoup de choses au cours des dernières semaines et des derniers mois, et nous sommes toujours convaincus de notre idée et de notre stratégie. Le Matterhorn Cervino Speed Opening, innovant et unique, est une valeur ajoutée pour tous - pour le sport, pour les athlètes, pour les deux régions, pour le tourisme, pour l'industrie hivernale. C'est pourquoi nous allons continuer à travailler dur pour que nous puissions vivre des descentes spectaculaires au pied du Cervin l'année prochaine», a conclu Franz Julen.

«Cadeau empoisonné»

La FIS avait annoncé en grande pompe en début d'année ce projet de course spectaculaire, avec un départ à 3700 m d'altitude et une piste transfrontalière au pied de l'iconique Cervin, où un projet pharaonique de modernisation est en cours. Résultat: aucune des quatre courses ne sera reprise, l'échec est total. «Il nous faut revoir tout le projet et trouver une meilleure solution pour le calendrier. Les courses ont sûrement été placées trop tôt», avait indiqué dès samedi le directeur des courses hommes de la FIS, Markus Waldner. «Nous devons respecter Dame nature. Le climat change, nous avons des étés caniculaires, ce sont des signaux que nous devons observer et respecter», avait ajouté l'Italien, apportant une touche de lucidité rare sur ces questions parmi les dirigeants de la FIS.

Le président de Swiss-Ski, Urs Lehmann, a qualifié cette organisation de «cadeau empoisonné», la FIS ayant «mis beaucoup de pression» pour prévoir ces courses dès 2022 au lieu de 2023, après de nombreux travaux achevés. «L'idéal serait de pouvoir les organiser deux semaines plus tard», a-t-il ajouté, à propos du calendrier de la saison prochaine.

Le vice-champion olympique de descente Johan Clarey avait lui décrit cette nouvelle étape de «non-sens» environnemental et logistique. «On voit que les conditions sur les glaciers sont de pire en pire chaque année, cette étape demande des moyens énormes en hélicoptère (ndlr: pour monter le matériel), des moyens humains pour boucher les crevasses, rendre une piste potable... Je ne comprends pas, ça ne va pas dans le sens dans lequel devrait aller la FIS», avait-il expliqué à l'AFP.

À Sölden, le président de l'instance, le Suédo-britannique Johan Eliasch a insisté vendredi sur l'importance de ce nouveau projet. «Après Sölden, il ne se passait rien pendant un mois. Nous voulions pouvoir combler les trous du calendrier. Zermatt est une superbe opportunité, une étape importante», a-t-il indiqué lors de la cérémonie de début de saison.

Sans course pendant deux week-ends, le ski alpin doit reprendre les 12 et 13 novembre à Lech (Autriche) pour deux parallèles femmes et hommes. D'après les médias locaux, la piste située à environ 1500 m d'altitude est pour l'instant vierge de neige, les températures ne permettant pas d'utiliser les canons.

(RTY/Comm.)

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