Suisse-romande: Les détenus retournent sur les bancs d'école
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Suisse-romandeLes détenus retournent sur les bancs d'école

Les pénitenciers de Bellechasse (FR) et de La Tuilière (VD) offriront dès octobre une formation de base à une cinquantaine de détenus.

Lancé il y a deux ans dans six établissements de Suisse alémanique, le projet Fep est ainsi étendu à la Suisse romande.

Financé par la Fondation d'utilité publique Drosos, le projet «Formation dans l'exécution des peines» (Fep) concerne en Suisse romande huit groupes de six détenus. Ces derniers pourront retourner sur les bancs de l'école pendant une demi-journée par semaine pour améliorer leurs connaissances en calcul, lecture et écriture.

La fondation met à disposition un million de francs sur deux ans pour l'extension en Suisse romande du projet Fep. En Suisse alémanique, six établissements d'exécution des peines bénéficient déjà du projet. Leur budget total, centre de compétence du projet y inclus, s'élève à 5 millions sur trois ans.

Le financement de Fep est entièrement privé pour le moment, a indiqué à l'ATS sa responsable Doris Schüepp en marge d'une conférence de presse vendredi à Fribourg. Mais son équipe espère bien un soutien du côté du secteur public.

Le financement de la formation de base dès 2011 devrait être discuté et pourrait être décidé par la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police (CCDJP) en principe encore avant la fin de l'année, a indiqué son président, le conseiller d'Etat neuchâtelois Jean Studer.

Sécurité publique améliorée

Ce dernier a souligné l'importance fondamentale de la formation dans l'amélioration du comportement social. Selon lui, des études montrent que les mesures de formation scolaire et professionnelle en faveur des détenus réduisent les risques de récidive après leur libération. Contribuant ainsi à une meilleure sécurité publique.

M. Studer a également rappelé que le nouveau code pénal introduit une équivalence entre travail et formation des détenus. Ainsi, les détenus reçoivent une indemnité non seulement pour le travail, mais également pour leur participation à des mesures de formation ou de perfectionnement.

La formation de base comporte l'apprentissage du français (comprendre, lire et écrire), des quatre opérations élémentaires du calcul et celui de l'utilisation d'un ordinateur, a expliqué la responsable de cette formation en Suisse romande Ariane Rudaz. Elle comporte quatre cours de 45 minutes chacun par semaine et ce sur 42 semaines.

Fort quota d'illettrés

Le directeur du pénitencier de Bellechasse Philippe Tharin a précisé avoir recensé l'an dernier 26 illettrés ou analphabètes, dont quelques Suisses, parmi ses pensionnaires. Le pénitencier peut accueilir près de 160 personnes.

Note aux rédactions: complété dès le 5e paragraphe

(ats)

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