Genève: Les détenus se tatouent dans leur cellule
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GenèveLes détenus se tatouent dans leur cellule

Des prisonniers fabriquent des machins pour se marquer la peau. Un gardien de Champ-Dollon a décrypté le phénomène.

par
mag
Dans la série «Prison Break», Michael Scofield s'était tatoué le plan de la prison avant d'y entrer.

Dans la série «Prison Break», Michael Scofield s'était tatoué le plan de la prison avant d'y entrer.

Le serpent pour la vengeance. Le chiffre 8 pour la fatalité. Des étoiles pour le refus de l'autorité. Une tête de mort, le nom d'un quartier ou d'un pays. Voilà les motifs les plus répandus dans l'établissement carcéral de Champ-Dollon. Les détenus se tatouent avec les moyens du bord, et les risques qui vont avec.

Alexandre, gardien de prison, vient de terminer son mémoire sur le sujet, indiquent «Le Matin» et la «Tribune de Genève». «Aujourd'hui, les prisonniers brûlent du plastique pour récolter du noir de fumée qui est ensuite mêlé à des cendres de cigarettes. Pour diluer le tout, on utilise du gel douche, parfois de l'urine», explique-t-il. Et pour injecter l'encre? Un stylo ou une cuillère pour le manche, du scotch, un moteur de 12 volts retiré d'une manette de console de jeux vidéo, les ressorts d'un briquet transformés en aiguilles, un chargeur, un rasoir et des «gants» fabriqués avec des sacs- poubelle. Le tour est joué!

La pratique n'est ni interdite ni encouragée à Champ-Dollon. «J'ai voulu mettre en évidence une pratique réalisée au su de tous, mais connue de quelques-uns», indique Alexandre. L'agent de détention de 38 ans a mené une dizaine d'entretiens avec des détenus. «Le manque d'hygiène reste un problème», constate-t-il, évoquant les infections et la transmission de maladies.

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