Tensions diplomatiques: Les deux Corées échangent des tirs en mer
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Tensions diplomatiquesLes deux Corées échangent des tirs en mer

La Corée du Sud a indiqué lundi avoir répliqué à des salves d'artillerie tirées par la Corée du Nord dans le cadre d'exercices sur leur frontière maritime dont Pyongyang conteste le tracé depuis six décennies.

«Des obus tirés par la Corée du Nord sont tombés de notre côté (de la frontière) et nous avons répliqué en ouvrant le feu», a déclaré un porte-parole de l'Etat-major des armées sud-coréennes. «Pour le moment, les deux parties tirent dans la mer», a ajouté le porte-parole.

Selon le ministère de la Défense à Séoul, le Nord a tiré 500 obus en trois heures, dont une centaine dans les eaux sud-coréennes. Les habitants des îles sud-coréennes de Baengnyeong et Yeonpyeong ont reçu la consigne de gagner les abris, a précisé un responsable local.

«Nous exhortons tous les habitants à se réfugier dans les abris sans délai, certains l'ont déjà fait», a-t-il dit. Un habitant ayant refusé de quitter son domicile a indiqué avoir entendu tirer «des dizaines d'obus d'artillerie».

«Si le Nord réagit à nos tirs de riposte légitime et s'en sert comme d'un prétexte à une nouvelle provocation contre nos eaux maritimes et nos îles, nous engagerons de fermes représailles», a averti le ministère sud-coréen de la Défense. La Corée du Nord avait prévenu en début de matinée qu'elle mènerait des exercices à tirs réels en mer Jaune, près de la frontière maritime.

La Chine, principal allié de Pyongyang, a appelé les deux parties à la «retenue».

Dernier affrontement meurtrier en 2010

La frontière maritime entre les deux pays a été à plusieurs reprises par le passé le théâtre d'échauffourées meurtrières. La dernière date de novembre 2010. Le Nord avait bombardé une île sud-coréenne près de cette frontière, causant la mort de quatre personnes et amenant la péninsule au bord du conflit.

Baptisée «Ligne de limite du Nord», la frontière a été tracée par les forces des Nations unies et des Etats-Unis en 1953, à la fin de la guerre de Corée. Pyongyang la conteste et refuse de la reconnaître. Yang Moo-Jin, professeur à l'Université des études nord-coréennes de Séoul, estime qu'il n'existe pas de «risque véritable d'une escalade».

«La Corée du Nord entend maintenir la pression sur la reprise du dialogue» dans le cadre des négociations à Six (les deux Corées, la Russie, le Japon, la Chine et les Etats-Unis) sur l'arrêt de son programme nucléaire en échange d'une aide économique, dit-il.

Pour le porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense, Wi Yong-Seop, Pyongyang «a envoyé le message pour souligner que leurs intentions étaient hostiles». «Leur but est de nous menacer, d'attiser les tensions sur la frontière en mer Jaune et sur la péninsule en général», a-t-il estimé.

Nouvel essai nucléaire «pas exclu»

Le Nord a désigné sept zones maritimes et prévenu le Sud qu'il devait tenir à distance ses navires. «Nous avons indiqué au Nord que nous répondrions avec vigueur par des tirs si des tirs atterrissaient de l'autre côté de la frontière», a indiqué le porte-parole de l'Etat-major des armées.

La veille, Pyongyang avait prévenu qu'il «n'excluait pas» un quatrième essai nucléaire, «sous une nouvelle forme», une allusion vraisemblablement à la mise au point d'une charge nucléaire suffisamment petite pour être fixée sur une ogive.

Les experts estiment toutefois que le Nord ne maîtrise pas encore la technique nécessaire pour fabriquer une bombe atomique miniaturisée et pouvant donc être fixée sur un missile. La Corée du Nord a procédé à trois essais nucléaires: en octobre 2006, mai 2009 et février 2013.

Ces dernières semaines, Pyongyang a effectué plusieurs tirs de missiles de courte et moyenne portée, pour manifester sa colère face aux exercices militaires conjoints américano-sud-coréens qui ont démarré en février et s'achèvent en avril. Mercredi, le Nord a testé deux missiles de moyenne portée, un geste qui lui a valu la condamnation du Conseil de sécurité de l'ONU. (afp)

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