Actualisé 10.07.2006 à 17:21

Les deux facettes de Materazzi

Le défenseur italien Marco Materazzi aime à dire qu'il y a deux Materazzi en lui. En finale de la Coupe du monde, Docteur Marco et Mister Materazzi étaient bien présents en même temps sur le terrain.

Marco Materazzi a d'abord mis en avant son côté physique, parfois violent, commettant une faute sur Florent Malouda sanctionnée d'un penalty qui donnait l'avantage à la France après sept minutes de jeu.

Mais douze minutes plus tard, il reprenait de la tête un corner d'Andrea Pirlo pour ramener l'Italie à un but partout, inscrivant là son second but dans cette Coupe du monde. Il aurait même pu doubler la mise sur une situation semblable quelques minutes après, son coup de tête échouant sur la barre transversale. Il avait déjà marqué au premier tour, lors de la victoire de l'Italie 2-0 face à la République tchèque, et avait été expulsé au match suivant, face à l'Australie, pour un tacle qui lui avait valu un carton rouge direct.

Des interrogations subsistaient aussi sur son implication dans le coup de sang de Zinedine Zidane, expulsé durant la prolongation pour lui avoir porté un coup de tête à la poitrine, alors que les deux hommes venaient d'échanger des mots.

L'homme du match

«L'expulsion de Zidane a tout changé, parce que, même dans la prolongation, l'équipe d'Italie n'attendait qu'une chose, les tirs au but», a commenté le sélectionneur français Raymond Domenech. «Je ne sais pas ce qu'il a dit à Zidane. tout ce que je sais, c'est que c'est Materazzi l'homme du match, pas Pirlo», a ajouté Raymond Domenech, relevant que Materazzi avait «égalisé et obtenu l'expulsion de Zidane».

Cette soirée faite de hauts et de bas est à l'image de la carrière du joueur italien. Titulaire indiscutable à l'Inter Milan, dont il est le seul joueur à évoluer en équipe nationale, il avait été suspendu en 2004 pour avoir frappé un joueur de Sienne au visage.

«C'était l'autre Marco Materazzi», avait déclaré le joueur après son premier but dans cette Coupe du monde. «Je ne suis pas un démon. J'ai certainement fait des erreurs, mais jugez-moi en homme. Je ne peux pas vous dire combien de fois mes enfants ont entendu à l'école que j'étais un monstre.»

«Vous faites des erreurs dans la vie», ajoutait Materazzi. «Mais ensuite, vous devez vous laver de vos fautes, sans chercher à vous venger. Chacun a son destin.» (ap)

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