Actualisé 03.08.2011 à 18:52

Enlèvement au Nigeria

Les deux otages apparaissent en vidéo

Pour la première fois depuis leur disparition, un Britannique et un Italien enlevés en mai dans le nord-ouest du Nigeria apparaissent sur une vidéo.

La vidéo constitue la première preuve de vie des otages.

La vidéo constitue la première preuve de vie des otages.

Un Britannique et un Italien enlevés en mai dans le nord-ouest du Nigeria apparaissent, pour la première fois depuis leur disparition, sur une vidéo, transmise mercredi au bureau de l'AFP d'Abidjan, dans laquelle ils décrivent leurs ravisseurs comme appartenant à «Al-Qaïda».

D'une durée d'un peu plus d'une minute, cette vidéo constitue la première preuve de vie des otages. La date à laquelle elle a été tournée n'est toutefois pas précisée et il n'a pas été possible de la déterminer de source indépendante.

Les deux hommes, des ingénieurs en construction travaillant pour B. Stabilini, société fondée par des Italiens et basée au Nigeria, ont été kidnappés par des inconnus armés le 12 mai dans leur logement à Birnin Kebbi, capitale de l'Etat de Kebbi, dans l'extrême nord-ouest du Nigeria, à la frontière avec le Niger.

Les enlèvements sont rares dans le nord du Nigeria, alors qu'ils sont fréquents dans le sud pétrolifère, où des groupes armés ont pris en otages de nombreux travailleurs expatriés ces dernières années, généralement relâchés au bout de quelques jours ou semaines contre une rançon.

Demandes adressés aux Etats

Les images montrent les deux otages agenouillés, les yeux bandés, devant trois hommes debout, armés de fusils automatiques et le visage masqué par des turbans, qui restent silencieux.

Les deux otages s'expriment tour à tour, déclinant d'abord leur nom avant de demander à leurs gouvernements respectifs de répondre aux revendications de leurs ravisseurs, présentés comme appartenant à «Al-Qaïda», sans plus de précision. Aucun détail n'est fourni sur ces revendications.

Interrogés par l'AFP, le Foreign Office à Londres et le ministère des Affaires étrangères à Rome se sont refusés à tout commentaire.

Cette vidéo, accompagnée d'une série de photos des otages les montrant notamment sans bandeau sur les yeux, «date d'il y a à peu près une dizaine de jours», a déclaré à l'AFP une source proche du dossier qui a requis l'anonymat.

Enlèvements rares

La branche maghrébine d'Al-Qaïda, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a revendiqué une série d'enlèvements d'étrangers au Niger ces dernières années, mais jamais aucun en territoire nigérian.

Une secte islamiste, Boko Haram, est très active dans le nord (majoritairement musulman) du Nigeria, où elle veut imposer un Etat islamique. Elle y conduit des raids meurtriers, mais son implication dans des enlèvements n'a encore jamais été évoquée.

Après le rapt mené selon elle par «une horde d'hommes armés», la police nigériane, qui avait dit ne pas avoir reçu de demande de rançon, avait indiqué qu'un collègue allemand des otages avait réussi à fuir en escaladant un grillage, tandis qu'un ingénieur nigérian avait été blessé par balle.

Les deux otages participaient à la construction d'un bâtiment de la Banque centrale du Nigeria à Birnin-Kebbi.

«Personne ne peut dire qui sont les ravisseurs et ce qu'ils veulent vraiment» car il n'y a eu jusque-là «aucun contact», a expliqué à l'AFP un sous-traitant de B. Stabilini pour ce chantier. Le projet «n'avance pas» car l'ingénieur allemand qui le supervisait et a échappé au rapt était «tellement choqué» qu'il a abandonné le projet, a-t-il ajouté.

«Tout le monde est perturbé et inquiet» pour les otages, a-t-il dit. (afp)

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