Niger: Les deux otages français ont été tués
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NigerLes deux otages français ont été tués

Les deux Français enlevés vendredi soir à Niamey ont été tués dans des circonstances encore indéterminées, ont indiqué samedi à l'AFP des sources sécuritaires nigériennes.

C'est dans ce café "Le Toulousain" que les deux français ont été enlevés vendredi soir.

C'est dans ce café "Le Toulousain" que les deux français ont été enlevés vendredi soir.

Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, a confirmé samedi soir que les deux Français enlevés vendredi à Niamey avaient été tués. Il a précisé qu'ils avaient trouvé la mort au cours d'une opération menée par la garde nationale nigérienne et coordonnée par des militaires français à la frontière du Mali.

Il confirmait une information d'une source gouvernementale nigérienne. Une même source a indiqué à Reuters que les corps des deux Français ont été ramenés à Niamey par avion.

Après le rapt des deux hommes, le groupe de ravisseurs a été «immédiatement pris en chasse par la garde nationale nigérienne pour lui interdire de rejoindre une zone refuge, ce qui constituait une menace grave pour nos otages», a ajouté M. Juppé dans un communiqué diffusé par ses services.

L'opération a permis à «d'intercepter les terroristes à la frontière avec le Mali et de neutraliser certains d'entre eux», poursuit le ministre. C'est toutefois à l'issue de cette action que «les corps des deux otages ont été découverts sans vie», conclut M. Juppé.

Un porte-parole de l'état-major des armées françaises a indiqué à Reuters que «tout laisse à penser qu'ils ont été exécutés par les terroristes».

Aqmi pointée du doigt

L'identité des assaillants n'est pas connue, mais les soupçons se portent sur Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Cette mouvance opère dans la bande sahélo-saharienne aux confins du Niger, du Mali, de l'Algérie et de la Mauritanie.

La mort des deux Français porte à quatre le nombre d'otages étrangers tués dans la région du Sahel ces deux dernières années.

La première victime avait été le Britannique Edwin Dyer, enlevé en janvier 2009 avec trois autres touristes européens, dont deux Suisses. La seconde était l'ancien ingénieur français Michel Germaneau enlevé en avril 2010. Aqmi a revendiqué ces deux exécutions.

Samedi, le président français Nicolas Sarkozy a, une nouvelle fois, «déconseillé vivement» aux Français de se rendre «dans cette zone» tant que les conditions de sécurité ne seront pas meilleures.

Échange de tirs

Traquant les preneurs d'otages, les Forces de défense et de sécurité nigériennes leur avaient brièvement fait face dans la nuit de vendredi à samedi au nord de la localité de Ouallam, à moins de 100 km du Mali, a affirmé le porte-parole du gouvernement nigérien, Laouali Dan Dah.

Des échanges de tirs avaient eu lieu mais les forces nigériennes n'avaient «pas voulu ouvrir le feu sérieusement de crainte de blesser les otages et de mettre leur vie en danger», selon le porte- parole. Les ravisseurs avaient donc réussi à s'échapper.

Enlèvement ciblé

Les deux hommes ont été enlevés vendredi soir vers 22h30 par quatre hommes armés, alors qu'ils dînaient dans un restaurant de la capitale Niamey. L'établissement était rempli au moment du rapt. Des employés et des clients ont affirmé que deux hommes avaient forcé les otages à les suivre dans un 4x4 immatriculé au Bénin où se trouvaient d'autres individus armés.

Les assaillants «parlaient l'arabe, le français et le haoussa», une langue locale, et étaient «enturbannés» à l'exception de l'un d'eux, a précisé le porte-parole du gouvernement. D'après un client français, les ravisseurs «avaient l'air de savoir qui ils étaient venus prendre».

Selon le gérant du restaurant, l'un des Français résidait à Niamey et devait épouser le 15 janvier une Nigérienne. L'autre otage, l'un de ses amis, était arrivé le soir même pour assister à son mariage, a-t-il indiqué à l'AFP.

Une première à Niamey

C'est la première fois qu'un enlèvement de ce genre survient à Niamey, capitale considérée jusque-là comme sûre. La France tente actuellement d'obtenir la libération de cinq de ses ressortissants enlevés le 16 septembre 2010, avec un Togolais et un Malgache, sur le site d'extraction d'uranium d'Arlit, dans le nord du Niger.

Les otages sont pour l'essentiel des collaborateurs des groupes français Areva et Satom et seraient détenus dans le nord-est du Mali. Ce rapt a été revendiqué le 21 septembre par la mouvance Aqmi. (ats/afp)

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