Actualisé 31.10.2013 à 16:53

Affaire «News of the World»Les deux prévenus avaient une liaison

Rebekah Brooks et Andy Coulson, principaux prévenus dans l'affaire des écoutes, avaient une liaison, a révélé jeudi le procureur en vue d'étayer l'accusation de conspiration, quitte à pimenter les débats.

Andrew Edis, qui expose avec minutie les chefs d'accusation depuis mercredi, a fini par transformer ce que la presse britannique qualifie parfois de «procès du siècle» en croustillant feuilleton médiatico-judiciaire en dévoilant l'existence de cette relation qui a duré «au moins six ans», entre 1998 et 2004.

Jeudi, le procureur est allé jusqu'à lire au jury une lettre enflammée que Rebekah Brooks, à la tête de la rédaction du «News of the World» entre 2000 et 2003, a rédigé en février 2004 à l'intention de Andy Coulson, son ancien adjoint qui lui avait succédé un an plus tôt.

«Je t'aime, je tiens à toi...»

«Tu es mon meilleur ami, je te dis tout... je t'aime, je tiens à toi... je ne suis pas sûr d'y arriver sans toi», a écrit à l'époque la flamboyante rousse, devenue rédactrice en chef du Sun, à son amant alors que celui-ci voulait mettre un terme à leur relation qui fut un temps extra-conjugale.

«Ce à quoi je veux en venir avec cette lettre c'est que sur la période en question, tout ce que M. Coulson savait, Mlle Brooks le savait aussi», a ajouté le procureur. Selon lui, il ne s'agit dès lors pas de porter un «jugement moral» ou de s'immiscer inutilement dans la vie privée des prévenus mais de donner au jury tous les éléments nécessaires au bon jugement.

Conspiration

«Mme Brooks et M. Coulson sont accusés de conspiration et lorsque des personnes sont accusées de conspiration la première question à laquelle un jury doit répondre est de savoir à quel point ces personnes se connaissaient. Le fait qu'ils avaient cette liaison, qui était secrète, signifie qu'ils avaient confiance l'un en l'autre, au moins en partageant ce secret, et c'est pourquoi on vous en informe», a-t-il ajouté à l'adresse du jury de douze personnes.

Au fur et à mesure qu'on révélait leur relation, Brooks gardait la tête baissée, penchée sur ses notes, alors que Coulson fixait le procureur.

Agés tous deux de 45 ans, Rebekah Brooks et Andy Coulson sont les deux principaux prévenus - sur huit au total - d'une affaire qui a fini par couler en 2011 le plus gros tirage de la presse britannique et fleuron de l'empire Murdoch, après 168 ans d'existence.

Proches du Premier ministre David Cameron du temps de leur gloire, les deux anciens amants sont, depuis l'ouverture du procès lundi, assis côte à côte sur le banc des accusés au tribunal de l'Old Bailey, non loin de l'actuel mari de Brooks, Charlie, qu'elle a épousé en 2009.

On reproche aux deux anciens rédacteurs en chef du tabloïd d'avoir mis sur écoute, dans les années 2000, plus de 600 personnes parmi lesquelles des stars comme l'acteur Jude Law ou le secrétaire du prince William.

Avant de révéler l'existence de leur liaison, l'accusation a affirmé jeudi qu'une équipe d'enquêteurs avait été spécialement créée par Rebekah Brooks pour pirater les téléphones de stars ou d'inconnus.

Les jurés ont pu découvrir des emails envoyés par le détective privé Glenn Mulcaire, intégré à grands frais dans cette cellule, à Ian Edmondson, l'un des anciens responsables de la rédaction, dans lesquels il fait référence aux écoutes, selon l'accusation.

Dans ce procès qui pourrait durer six mois, les huit principaux prévenus ont tous plaidé non coupables et comparaissent libres. (ats)

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