Genève: Les diplomates se fichent des PV
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GenèveLes diplomates se fichent des PV

Une dizaine d'ambassades concentre 80% des amendes d'ordre non payées. La Ville perd 1,5 million par an.

par
Giancarlo Mariani

«Près de 80% des amendes d'ordre non payées par les diplomates sont le fait d'une dizaine d'ambassades», a révélé mercredi Antonio Pizzoferrato, chef du Service de la sécurité à la Ville. «Environ 600 représentations sont implantées dans le canton. Cela signifie qu'au moins 590 jouent le jeu», distingue-t-il.

Mais avec quelle conséquence financière pour la Ville? «Plus de 1,5 million de francs passent à l'as chaque année, en conformité avec la Convention de Vienne», chiffre-t-il.

En raison du secret de fonction, le patron des agents de police municipale ne soufflera mot sur l'identité des dix pays les plus récalcitrants au code de la route helvétique. De source sûre on sait seulement qu'aucun n'appartient à la Communauté européenne. «Une liste a été envoyée à la Mission permanente de Suisse pour qu'elle intervienne», ajoute-t-il.

Mais à quoi sert de bûcher si les sanctions ne sont finalement pas appliquées? «Nous visons l'égalité de traitement. Il y a une volonté politique de ne pas baisser les bras», plaide Raoul Schrumpf, chef de cabinet du Département de l'environnement urbain.

«Chaque cas fait l'objet d'une intervention auprès du pays concerné», précise de son côté Raphaël Saborit, du Département des affaires étrangères. «Les interventions vont de l'avertissement à la convocation. Dans les cas extrêmes elles peuvent même conduire au retrait du statut diplomatique», note-t-il en rappelant que la Suisse est parmi les pays les plus sévères contre les diplomates qui abusent.

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