Actualisé 13.07.2016 à 10:11

Suisse

Les disparités sociales augmentent, selon l'USS

Les syndicats relèvent une baisse d'impôts pour les plus gros salaires et des primes élevées pour les revenus plus modestes.

L'Union syndicale suisse souhaite une réductions des primes.

L'Union syndicale suisse souhaite une réductions des primes.

photo: Keystone/Archives

Les quelque 2% les plus riches de la population suisse possèdent autant que les 98% restants, selon l'Union syndicale suisse. L'USS demande plus de réductions de primes et une correction de la baisse des impôts pour les riches et les entreprises.

La politique concernant les salaires et la fortune s'est développée dans une direction inquiétante, remarque l'Union syndicale suisse, qui a présenté mardi à Berne son rapport de répartition de juillet 2016.

Impôts

Si les bas revenus ont connu des améliorations tout à fait remarquables, également comparés à ceux d'autres pays, les impôts et les charges ont entravé cette progression. Et parallèlement, les salaires les plus élevés ont profité de fortes baisses d'impôts: les prélèvements sur les hauts salaires ont passé de 37% en l'an 2000 à 32% actuellement.

La politique fiscale et des redevances est jugée «antisociale» par l'Union syndicale suisse. D'après Daniel Lampart, son économiste en chef, la charge fiscale est même dégressive plutôt que progressive, si l'on tient compte du fait que les plus riches résident dans des cantons où les impôts sont très bas.

Poids de l'assurance maladie

Pour les faibles ou moyens revenus, ce sont avant tout les primes des assurances maladie qui représentent une charge particulièrement lourde, tendant à devenir des impôts par tête antisociaux, déplore l'USS. Les réductions des primes ont diminué en raison des mesures d'austérité prises par les cantons.

«Depuis vingt ans, l'évolution des primes devance toujours nettement celle des salaires», a souligné devant les médias Paul Rechsteiner. Le président de l'Union syndicale suisse a pour objectif que personne ne consacre plus de 10% de son revenu à l'assurance maladie. A cette fin, Confédération et cantons devraient augmenter d'environ 2 milliards de francs les réductions de primes.

Rôle compensatoire de l'AVS

L'USS exige donc plus de réductions de primes et l'abandon de mesures d'économies, ainsi qu'une correction de la baisse des impôts pour les plus riches et les entreprises. Elle demande en outre le rejet de la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE III), plus d'investissements dans la construction de logements d'utilité publique, une hausse salariale générale et davantage de conventions collectives de travail dotées de bons revenus minimaux.

Par ailleurs, les rentes AVS doivent augmenter de 10%. Cette augmentation est «nécessaire pour les personnes actives, mais aussi pour les retraités actuels», fait valoir Paul Rechsteiner. L'USS souligne qu'en raison de son financement solidaire, la prévoyance vieillesse tient un rôle compensatoire, contribuant à éviter la pauvreté après la retraite.

Selon le président de l'Union syndicale suisse, l'AVS veille comme aucune autre institution suisse «à apporter un tant soit peu de redistribution et de solidarité pour contrer le danger d'une inégalité croissante». Le peuple aura à se prononcer le 25 septembre sur l'initiative populaire «AVSplus: pour une AVS forte». (nxp/ats)

(NewsXpress)

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