Table ronde sur les coûts de la santé: Les divers acteurs de la santé sont parfois d'accord
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Table ronde sur les coûts de la santéLes divers acteurs de la santé sont parfois d'accord

Les propositions de Pascal Couchepin aux acteurs du secteur de la santé mardi sont très diversément accueillies.

Certaines trouvent au moins en partie le soutien d'une majorité. Ce ne sont toutefois pas eux mais les parlementaires fédéraux qui décideront.

Le plus déçu, au terme de la table ronde, est le président de la Fédération des médecins suisses (FMH) Jacques de Haller. C'est surtout la forme qui a gêné le médecin. «Cette table ronde n'a servi à rien; il n'y a pas eu de dialogue», a-t-il regretté à l'émission «Forums» de la Radio Suisse romande.

Les différents acteurs de la santé s'étaient pourtant mis d'accord sur un certain nombre de propositions communes qu'ils ont présentées. «J'ai cependant l'impression que nous n'avons pas été entendus et que la réunion a d'abord consisté à nous informer des propositions de M. Couchepin», a ajouté M. de Haller.

Santésuisse peut vivre avec

Ainsi santésuisse a présenté une liste de mesures dont la plupart ont été bien accueillies par l'ensemble des partenaires, indiquent les assureurs dans un communiqué. Une limitation des coûts de plus de 800 millions de francs est envisageable, selon l'organisation faîtière.

Mais seule la mesure concernant la baisse du prix des médicaments est retenue dans la liste du Département fédéral de l'intérieur. C'est d'ailleurs la seule qui fait l'unanimité.

Santésuisse soutient aussi la volonté de responsabiliser davantage le patient. Même si elle proposait d'autres moyens, elle peut vivre avec l'idée d'une taxe de consultation, a dit à l'ATS son directeur Stefan Kaufmann. La Fondation alémanique pour la protection des consommateurs s'oppose en revanche clairement à une taxe sur le dos de ceux qui payent déjà les primes, écrit-elle dans un communiqué.

Propositions pas définitives

Cette liste n'est pas définitive, nuance Jean-Marc Crevoisier, porte-parole de Pascal Couchepin. C'est certes une bonne base, mais susceptible de changements. «Nous allons tenir compte de ce que nous avons entendu, l'analyser et rapidement présenter un projet au Conseil fédéral pour pouvoir le soumettre au Parlement à la session d'été, a ajouté M. Crevoisier.

Ce dernier s'étonne des propos de M. de Haller qui «ne nous a rien laissé paraître de sa réaction. Il ne nous a pas dit cela et s'est même montré souriant à la séance», a encore dit le porte-parole.

Bureaucratie crainte

Revenant sur les mesures présentées par le Département fédéral de l'intérieur (DFI), l'organisation faîtière des hôpitaux H+ soutient l'objectif de sortir les cas bagatelles des urgences. Mais elle craint que le moyen de la taxe crée davantage de coûts administratifs qu'elle ne rapporte, écrit-elle dans un communiqué.

D'après H+, ce sont surtout des mesures à long terme qui permettront de maîtriser les coûts de la santé. Et de citer l'introduction en 2012 du forfait par cas. H+ espère aussi beaucoup d'une meilleure collaboration intercantonale.

Cantons sceptiques

Du côté des cantons, on se dit sceptique devant la proposition de les obliger à mieux contrôler le système des soins ambulatoires via des mandats de prestations. Selon le secrétaire adjoint de la Conférence des directeurs de la santé Michael Jordi, ce n'est pas le coût des prestations (+ 10,4% en 2008) mais le nombre de patients qui a explosé aux urgences (+ 20% de 2004 à 2008).

Or c'est le législateur qui est à la base de ce transfert. On a voulu désengorger les soins stationnaires pour les ambulatoires et encourager les patients à aller aux urgences plutôt qu'à téléphoner à leur médecin. Et ce serait maintenant aux cantons de reprendre le mauvais rôle, s'exclame M. Jordi.

Au Parlement

Même s'il y a urgence, le paquet de mesures n'est pas encore sous toit. Concernant par exemple la plus concrète pour le patient, celle d'une taxe de consultation, les partis, à l'exception du PS, préfèrent user d'un autre système de filtrage pour dissuader les cas bagatelles à se rendre aux urgences, ont-ils dit dimanche à l'ATS.

Jacques de Haller au contraire ne doute pas que le Parlement suivra les propositions que le Conseil fédéral devrait lui faire avant l'été. Il regrette en revanche très fortement que la procédure d'urgence qui sera utilisée empêche tout référendum. (ats)

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