Cyclisme - Tour de France: Les dix moments immanquables du Tour
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Cyclisme - Tour de FranceLes dix moments immanquables du Tour

Le Tour de France s'élance samedi de Düsseldorf. Voici les instants clés de cette 104e Grande Boucle, à ne manquer sous aucun prétexte.

par
Robin Carrel
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Le parcours du premier contre-la-montre.

Le parcours du premier contre-la-montre.

©GEOATLAS
Le contre-la-montre magnifique au coeur de Marseille.

Le contre-la-montre magnifique au coeur de Marseille.

©GEOATLAS
La dernière montée vers Longwy.

La dernière montée vers Longwy.

@A.S.O.

Cette année encore, le site de 20 minutes se mettra en quatre pour vous faire vivre au mieux la plus grande course de vélo du monde. Les étapes décisives seront bien entendu commentées en direct, alors qu'on vous laissera faire tranquillement la sieste les jours où les sprinters s'expliqueront en direction de Vittel, Vesoul ou Paris.

Voici, selon nous, les dix moments forts de ce Tour 2017. Retrouvez également dans le diaporama ci-dessus les cartes et profil dont nous parlons.

Première étape

Le grand départ du Tour de France est donc donné en Allemagne, du côté de Düsseldorf, cette année. Logique. Ce n'est pas un prologue, c'est un vrai contre-la-montre, puisque la distance est supérieure à 8 kilomètres. Sur ce parcours à moitié roulant et à moitié étriqué et presque à domicile – il est né à Cottbus à 600 km de là, mais pour lui c'est un détail –, c'est Tony Martin qui va s'imposer. Le «Panzerwagen» va développer un braquet de nageuse est-allemande et l'emporter facilement. Il pourra ensuite parader avec le maillot jaune le lendemain en direction de Liège. Le grand perdant du jour est Alberto Contador, qui s'est manqué au moment de bifurquer sur le Oberkasseler Brücke, qui enjambe le Rhin. Le temps d'aller rechercher son vélo qui flottait un bout plus loin, il laisse trois minutes dans l'aventure. Thomas Voeckler laisser aussi du temps dans l'aventure, lui qui a tenté de s'échapper au kilomètre 0, même sur un chrono. Les journalistes français le nomment tout de même combatif du jour.

Troisième étape

Tony Martin entame son deuxième jour en jaune et espère tenir le rythme dans l'ultime montée à Longwy. Le 1,6 km de montée à presque 6% le force à rendre les armes. C'est le Français Tony Gallopin qui s'impose de plusieurs longueurs, grâce à un démarrage osé bien avant la flamme rouge. Il prend le paletot de leader à son tour et le journal L'Equipe titre: «Quel galopin, ce Gallopin!». Alberto Contador est encore une fois le grand perdant de la journée. Après avoir été retardé par une chute collective lors du passage de la frontière luxembourgeoise, il heurte la voiture de son propre directeur-sportif en essayant de revenir dans son sillage. Il laisse deux minutes trente en route. Michael Albasini, le meilleur Suisse, finit troisième de l'étape et se pare du maillot vert.

Quatrième étape

On s'attendait à une journée tranquille et à une arrivée au sprint. Mais il ne faut jamais perdre de vue que ce sont les coureurs qui décident de la course! A Pont-à-Mousson, à près de 100 kilomètres de l'arrivée, les Quick Step-Floors et les Lotto-Soudal font le coup de la bordure. Tous les favoris français étaient mal placés à ce moment-là et lâchent plus de 7 minutes au final. Alberto Contador, lui, changeait de roue lorsque la course s'est décantée. Il perd un quart d'heure. En cours d'étape, le Lituanien Ignatas Konovalovas décide d'abandonner. La vue des villes de Moselle et de Meurthe-et-Moselle lui rappelaient trop son pays à la fin de l'époque soviétique. Les antidépresseurs qu'il devait prendre auraient été trop puissants et figuraient ainsi sur la liste des produits interdits par l'Agence mondiale antidopage.

Cinquième étape

Cinq ans auparavant, Chris Froome montrait qu'il était plus fort que son coéquipier Bradley Wiggins à l'arrivée à la Planche des Belles Filles. C'est lui qui gagnait l'étape et son leader s'emparait du maillot jaune. Cette fois, ç'a été au tour du Britannique de revêtir le paletot de premier du classement général, mais il a tout de même montré ses limites, étant lâché puis attendu par son coéquipier espagnol Mikel Landa. Parti après quelques kilomètres seulement pour essayer de rattraper son retard au classement, Thibaut Pinot a chuté dans la descente de la Côte d'Esmoulières. La faute à un pneu arrière qui n'a pas supporté la canicule dans les Vosges et a explosé. «Pinot encore trahi par la pression», titre le journal L'Equipe. Alberto Contador perd 10 minutes au départ de Vittel, car des traces de plastique ont été détectées dans ses urines. «J'ai bu de l'eau locale sans enlever le bouchon», plaidera-t-il auprès des commissaires, qui finissent par le laisser prendre le départ.

Neuvième étape

Les sept cols au programme – dont trois hors-catégorie – inspirent les attaquants. Romain Bardet et Alberto Contador, notamment, s'échappent dès le départ de Nantua, avec pour but d'effectuer un rapproché au classement général. Le peloton explose à près de 120 km de l'arrivée, dans le Col de la Biche, sous l'impulsion des Sky. Le Biélorusse Vasil Kiryienka fait toute la monde à fond de train et éparpille plus de 120 coureurs dans la nature. Au final, Bardet et Contador sont repris dans le Mont du Chat et ce dernier chute même dans une épingle à cheveu en montée, lorsque son guidon a été accroché par un supporter qui courrait entièrement nu et seulement coiffé d'un bob Cochonou. C'est le Sud-Africain Luis Meintjes, revenu de l'arrière dans la longue descente vers Chambéry, qui s'impose au sprint dans un groupe d'une quinzaine de coureurs. Peter Sagan, qui était lui aussi parti de bonne heure pour aller prendre les points du sprint PMU, fait toute la dernière montée en wheeling, mais perd le prix de combatif du jour au profit du Français Yoann Offredo, auteur d'une belle attaque à la flamme rouge depuis le gruppetto.

Douzième étape

Enfin les Pyrénées! Toujours en quête d'une victoire d'étape sur ce Tour 2017, les coureurs français essaient de forcer le destin, à la veille du 14 juillet. Thibaut Pinot et Warren Barguil partent aux avant-postes avec comme objectif ultime de s'emparer du maillot à pois de meilleur grimpeur. Les deux hommes comptent près d'un quart d'heure d'avance, lorsque les Cofidis, vexés de voir d'autres Français à l'avant et pas eux, se mettent à rouler. Ils tentent ensuite de jouer la gagne dans la dernière montée vers Peyragudes avec l'Espagnol Daniel Navarro, qui finira à une respectable 34e place à un peu moins de sept minutes de Primoz Roglic, la révélation de cette 104e Grande Boucle. Le Slovène monte sur le podium provisoire, à deux minutes de Chris Froome et à 30 secondes de Richie Porte. Ce dernier, en difficulté dans les derniers kilomètres, n'a finalement perdu que quelques secondes sur le maillot jaune, grâce à une montée hallucinante de Danilo Wyss, qu'on n'attendait pas à un tel niveau en montagne. Alberto Contador, lui, rétrograde hors du top 50 du général, à cause d'un problème de cale-pied, qui l'a obligé à ne pédaler que d'une jambe dans la dernière montée de première catégorie.

Quinzième étape

Sur les routes du Puy-en-Velay, le peloton est en grève. Il entend protester contre la mise hors-course de douze coureurs, tous pris la main dans le pot de codéine. Un produit autorisé, mais qui peut produire un dérivé de morphine lorsqu'il se dégrade. Mis hors-course lui aussi, le Français Romain Sicard s'est défendu en assurant avoir pris ce produit à titre récréatif, car il s'ennuyait au fond du peloton. Profitant de l'apathie des autres coureurs, Pierre-Luc Périchon s'échappe dès les premiers kilomètres et fête la première victoire d'un coureur du cru dans ce Tour avec près d'une heure et demi d'avance. Le coureur de l'équipe Fortuneo-Vital Concept n'a malheureusement pas pu prendre le départ le lendemain avec son maillot jaune tout neuf: il aurait été passé à tabac par des coureurs d'autres équipes, juste après être allé chercher son prix du plus combatif. Alberto Contador a quant à lui encore laissé quelques minutes dans la descente du Col de la Peyra Taillade. L'Espagnol a perdu l'équilibre lorsqu'un enfant l'a involontairement giflé avec une main PMU géante.

Dix-septième étape

La Croix-de-Fer, le Télégraphe, le Col du Galabier qui culmine à 2642 mètres d'altitude… Le Tour devrait se jouer en ce mercredi 19 juillet! Jusqu'ici plutôt discret, Nairo Quintana met tout le monde d'accord dans la canicule savoyarde. Après avoir échoué dans sa quête du Giro, le petit Colombien régale dans les deux dernières ascension et l'emporte avec plus de quatre minutes à Serre Chevalier. Il s'empare des commandes du classement général, avec une poignée de secondes d'avance sur Chris Froome, qui a fini par craquer à dix kilomètres de l'arrivée et sauvé par la roue de son coéquipier Geraint Thomas. Longtemps en tête de cette étape-reine, le Suisse Mathias Frank doit se contenter du prix du plus combatif, qui échappe pour la première fois à un coureur français lors de cette 104e édition. «Avec son nom et comme il court pour AG2R La Mondiale, tous les journalistes ont cru qu'il était des nôtres», s'est plaint dans L'Equipe un journaliste de France Télévisions qui a souhaité garder l'anonymat. Alberto Contador a quant à lui passer une mauvaise journée. Victime d'une fringale, l'Espagnol a fini deux minutes derrière le gruppetto.

Dix-huitième étape

Une arrivée au sommet du Col de l'Izoard, voilà qui a de quoi donner le sourire aux purs grimpeurs. Cette montée mythique fait 14,1 km à une moyenne de 7,3% de pente. Les sept derniers kilomètres sont terribles, quasiment entièrement à plus de 9%! A ce petit-jeu, ce sont les Sky qui régalent. Ils se relaient toute le journée pour mettre Chris Froome sur orbite, mais c'est finalement Fabio Aru qui sort du lot et qui lève les bras à 2360 mètres d'altitude. Définitivement vainqueur du maillot vert grâce à son sprint intermédiaire victorieux aux Thuiles, Peter Sagan se blessera malencontreusement quelques mètres plus loin, après avoir manqué sa tentative de premier born-out en vélo de l'histoire. Cela ne l'empêchera pas de rallier l'arrivée aux côtés de son ancien coéquipier Alberto Contador, enrhumé à la suite de l'arrosage de son maillot avec de l'eau trop froide par un de ses supporters. C'est le coureur français Brice Feillu, qui a fait près de 150 km seul en tête avant de craquer, qui a remporté le prix du plus combatif. «Feillu reverdit», titre alors L'Equipe.

Vingtième étape

Nairo Quintana, Richie Porte et Chris Froome se retrouvent à la lutte à trois pour la victoire. Ils sont séparés par simplement 40 secondes au classement général, avant ce contre-la-montre de quelque 22 kilomètres dans les rues de Marseille et couru la veille de l'arrivée à Paris. C'est d'abord le Britannique, qui est devant au premier pointage. Mais le Colombien se rebiffe et fait la différence dans la montée terrible en direction de Notre-Dame de la Garde. Après le passage devant la «Bonne Mère», c'est finalement l'Australien qui met tout le monde d'accord. Comme lors du chrono de Moudon sur le Tour de Romandie qui l'avait révélé au grand public, Porte gagne presque une minute dans les derniers kilomètres. Les organisateurs ont longtemps à un problème de chronomètre, mais le coureur de la BMC sera finalement déclaré vainqueur de ce Tour de France pour une vingtaine de secondes. Alberto Contador, lui, a perdu encore une fois plus de six minutes. L'ancien double vainqueur de cette Grande Boucle a été heurté par un cochonnet, alors qu'il était en plein effort le long de la Plage du Prado. La Suisse finit bien le Tour, puisque l'étape est remportée par Stefan Küng, qui gagne de quelques millièmes devant Reto Hollenstein.

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