Justice - Les données de cartes clients adorées des enquêteurs
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JusticeLes données de cartes clients adorées des enquêteurs

Les cartes des clients de Coop, de Migros ou des CFF aident parfois la justice lors de procédures pénales. Mais personne ne veut dire dans combien de cas elles sont utilisées.

par
Jean-Bernard Mani
Les informations de ces cartes rendent parfois service à la justice.

Les informations de ces cartes rendent parfois service à la justice.

jbm

Les cartes clients des distributeurs sont souvent utilisées machinalement, sans penser aux traces numériques qu’elles laissent comme ce que l’on achète, où et quel type de services ou de produits on préfère. Ces données peuvent aussi intéresser les autorités. Dans le cadre de procédures pénales, les procureurs réclament parfois aux détaillants des données sur leurs clients. Mais lorsqu’il s’agit de savoir à combien de reprises de telles demandes sont faites: personne ne veut en parler, constate la «Schweiz am Wochenende.»

Migros ne donne pas de statistiques tandis que Coop avoue comptabiliser «un nombre bas à deux chiffres par année». Les règles pour la transmission de ces données sont strictes. Un avocat spécialisé dans le droit du numérique a formulé une demande auprès de Migros. «Je voulais savoir quelles données un parquet pouvait recevoir à mon sujet.» L’homme de loi zurichois en est convaincu: «le Ministère public obtient des informations qui vont au-delà de ce qui est lié à la procédure pénale.» Il espère que la nouvelle loi sur la protection des données qui prévoit explicitement le principe de minimisation des données sera appliqué.

Collecte des données limitée

Outre ces données de clients, les traces laissées lors de voyages en train ou en bus peuvent être transmises aux autorités judiciaires. L’Alliance Swisspass ne veut pas articuler de chiffres exacts de demandes de la part de la justice. Il n’y a «que quelques cas» par an, indique-t-on. Là, les données scannées lors de la présentation de la carte Swisspass ou l’application sont stockées durant trente jours.

Pour le spécialiste du monde numérique, une personne seule ne peut pas faire changer les choses. Car il faut bien se déplacer. Il pense que les prestataires de transports publics ne collectent qu’un minimum de données et les effacent le plus rapidement possible. Quant aux cartes clients, elles servent également à leur détenteur. Une personne a ainsi pu prouver aux autorités fiscales qu’elle vivait réellement dans le lieu indiqué. Elle a pu prouver où elle faisait régulièrement ses courses.

Des avantages non négligeables

Une personne qui avait fait un achat à la Migros a été heureuse d’avoir utilisé sa carte Cumulus au moment de payer ses courses. Peu de temps après, elle a reçu un téléphone de la centrale du géant orange qui lui a demandé de ramener immédiatement un plat cuisiné qu’elle avait acheté. Il était contaminé. Ce témoin a été heureux de savoir que l’utilisation de sa carte lui a permis de ne pas être malade.

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